Introduction
Le shugendô est la Voie de l’Essai par la Formation. C’est la recherche puis l'obtention sur le sentier (dô), grâce à des pratiques ascétiques (shu) de puissances surnaturelles divines (gen). Le shugendô est l'ensemble des pratiques et règles qu'il convient de suivre pour atteindre ce résultat. Les shugenjas (les adeptes de cette religion ancestrale japonaise) sont plus communément appelés Yamabushi, " ceux qui couchent dans la montagne ", car c'est en effet le plus souvent dans les montagnes qu'ils pratiquent ; soient retirés (lors de retraite), en pèlerinage, ou déambulent " errants " à travers le pays comme l'ermite ascète indien Milarépa.
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Très tôt, le shugendô a du se rattacher aux vues du choix de ses textes doctrinaux aux courants bouddhistes des écoles Shingon ou Tendai. Le Shugendo de l'école Tôzan d'obédience « ancienne—Kôgi) du Shingon est toujours rattachée au temple Sanpoin à l'intérieur du grand complexe du temple Daigoji. Le shugendo " émancipé " du Tendai (branche Jimon) fondé par l’Archevêque Zôyo fut très tôt indépendant et reçu le temple Shogoin-Monzeki comme temple mère, il y a 900 ans !…. De même pour le shugendo du temple Kimpusen (à Yoshino), d'Haguro, d'Hiko, d' Ishizuchi, d' Ontake,... Les yamabushi, prêtres et laïcs, forment des confréries (kôsha) autour des temples qui reçoivent leurs directives des temples-mères. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la liberté de culte ayant été déclarée sur le territoire nippon, toutes les quatre grandes écoles traditionnelles du shugendo ancestral se sont remises en organisation particulière et indépendante, sauf pour l 'école Tôzan qui est restée rattachée à l'école Shingon du temple Daigoji.
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Le shugendô eut des fondateurs : " En l'Ascète " pour les écoles Tôzan , Tônan et Honzan de la région des monts Ominé au sud de Nara et le prince impérial Hachiko-no-ôji (Sôken Dai Bosatsu) pour les Mts Haguro au Nord du Japon, le Saint Matsu pour le Sonshan shugen du Mt Fuji,... Mais ceux qui sont décrits comme les " rénovateurs " de la doctrine du shugen : les moines Enchin, Shôbô et Zôyô qui assemblèrent véritablement les pratiques et doctrines du shugendô.
Au cours des temps, les shugenjas ont donné ce titre de " Fondateur Primordial " à En-no-Ozunu, de la famille Kamo. Une doctrine fut élaborée tardivement, vers le 12ème siècle au Japon. Pendant longtemps les croyances des yamabushi furent un mélange hérité du fond ancien populaire indigène (ou apportés de Chine) et de dévotions aux divinités du shintoïsme ancien. Ces croyances, toujours en vigueur au 21ème siècle, conduisent à la confection de talismans et d'amulettes, à l'élaboration de cérémonies " magiques " qui sont censées guérir les maladies, éloigner les mauvais esprits : Il y a un aspect du shugendo qui provient des chamans Ouralo-Altaïques. La mise en oeuvre de ces moyens constitue un savoir que se transmettent les yamabushi chamans, spécialistes en magie orientale. Des pouvoirs " surnaturels " ou divins peuvent être acquis par des rituels " magiques ", des prières à des puissances supérieures ainsi et surtout par la pratique personnelle de l'ascèse.
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Des moines bouddhistes ont donné un sens religieux élevé à ses croyances populaires, sans pour cela atteindre leurs objectifs d'annihilation des croyances populaires. Le shugendô a toujours gardé un pied fortement enraciné dans la culture animiste et magique. L'opération de " bouddhisation " des croyances du shugendo fut facile car ces moines appartenaient le plus souvent au bouddhisme ésotérique et proposaient eux aussi des buts analogues à ceux des shugenja animistes : Ecarter des hommes les misères qui les accablent en ce monde et leur procurer les satisfactions terrestres qui les rendent heureux. Toutes fois, ils poursuivaient aussi des buts plus élevés, par exemple la « bouddhisation » d'un être de son vivant même. Au shugendô naissant, ils ont donné leur doctrine. Néanmoins les pratiques du shugendo sont toujours restées populaires (près du peuple), facilement compréhensible par tous, à l'instar des écoles Shingon, Hôsshô, Tendai, Zen, Kégon, Nichiren ou Amidiste. Avec leurs discussions théologiques toutes ces écoles n'eurent jamais le pragmatisme du Shugendo.
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Le Shugendo est un creuset dont la place est importante au Japon. Il a façonné le Japon. Faisant la liaison entre les traditions des chasseurs-cueilleurs nomades, ceux qui vont dans le monde des esprits, et des agriculteurs sédentaires qui ne peuvent y pénétrer, c'est du shugendo qu'est né toute la vision de la culture japonaise de la cérémonie du thé, du théâtre Nô, des arts martiaux. L'ethnologue japonais Kanazawa Sennichi avance même, que se furent les Yamabushi, les ascètes du shugendô, qui sont à l'origine de la création vers le 7ème siècle de ce mode particulier d'appréhension de l'univers qui se situe à mi-chemin entre les êtres et les choses, d'où émergea en particulier l'art nippon : Poésie, théâtre Nô, cérémonie du thé, de l’arrangement floral et de toute la pensée japonaise en général. Une pensée qualifiée de " médiane ", une pensée qui s'exprime dans une pratique engageant à la fois le sujet et l'objet. Le Japon du 7ième siècle fut une période de grands bouleversements économiques, culturels, philosophiques et religieux. Les yamabushi, figures centrales du Japon médiéval, nomades, pénétraient les lieux frappés d'interdits, se mouvant entre le " monde de la plaine " (siège du nouveau pouvoir politique et culturel) et le " monde de la montagne " (siège des traditions anciennes), domaines des chasseurs-cueilleurs en opposition avec la riziculture des plaines ; la montagne restait la demeure des âmes défuntes, des Dieux et Divinités...
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En-no-gyôja (Jimpen Dai-Bosatsu) le fondateur
Tous les yamabushi se réclament d'En-no-Ozuno nommé aussi En-no-gyoja et le considèrent comme leur ancêtre spirituel. C'était un ascète, ermite qui vécut au 7ième siècle et s'entendaient en magie bouddhique, et autres...
Cet homme s'appelait En-no-Ozuno de son vrai nom qui signifie " En (prononcé : èin en japonais) " le petit cornu " car il est né soit disant avec une petite corne au milieu du front. Les " diables " étaient aussi le surnom raciste que les Japonais de l'époque donnaient aux émigrés coréens, et nous savons à présent que la famille Kamo (d'où était issue En) était de descendance coréenne. Il fut aussi nommé : En-no-Ubasoku (Upayaka En), En Le Pratiquant Laïc, mais plus communément par tous il est nommé : En l'Ascète (En-no-gyoja) et à présent son nom posthume donné par l'empereur Kokaku est Jimpen Dai-bôsatsu (Grand Bodhisattva de Métamorphose Divine).
Les premiers documents qui parlent de lui sont le " Shoku Nihongi " et le livre Nihon Ryoki (qui fut écrit entre 810 et 824, soit une quarantaine d'années après), les premiers livres japonais avec le Konjaku monogatari : " En-no Ozunu habita les monts Katsuragi (près de la ville de Wakayama, proche de l'actuel Osaka) où il convertit des démons et enchaîna un dieu shinto, pratiqua l'ascèse dans les Mts Ominé ; il pouvait s'accrocher à un nuage à 5 couleurs et voler dans les airs. Il employa les esprits démoniaques à construire un pont qui relierait les monts Katsuragi à celui du Kimpusen, distants de plusieurs centaines de kilomètres. Il fut exilé sur la péninsule d'Izu, à la suite des calomnies de son cousin et disciple qui le jalousait. L'empereur essaya de lui faire trancher la tête mais ne put y parvenir, la lame de la hache se brisait à chaque fois. Il est dit, que de sa prison, toutes les nuits, il s'envolait pour pratiquer l'ascèse au sommet du Mt Fuji. Il fut libérer par la suite.
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Il est aussi écrit plus particulièrement dans le Nihon Ryoki, au chapitre 28 : En-no-Ubasoku était issu de la famille Kamo du village de Chihara (Ouest de l'actuelle ville de Nara où se trouve le temple Kisshosoji) dans le district de Katsuragi de la plaine du Yamato. De naissance il était omniscient; il révérait les 3 joyaux bouddhistes (original à l'époque pour une famille de prêtres shintoïstes comme l'étaient les Kamo et les Kusakabe). Il pratiquait la magie du " sutra de la Reine des Paons " (Kujaku-Myô-kyô). Devenu un esprit lui-même (sien, selon les taoïstes), il pratiquait la doctrine bouddhiste et toutes les nuits il s'accrochait à un nuage à 5 couleurs, puis volait dans l'espace en compagnie des hôtes du palais des esprits ; se divertissait dans les jardins de Vie Eternelle ; couchait dans les parterres de Zuigai; il aspirait l'air qui le nourrissait. Quant il eut 40 ans il habita une caverne (la caverne de Shô), se vêtit de lianes et de pousses de bambou, se baigna dans les sources d'eau limpide (y fit l’ascèse sous les cascades), y lavant les souillures du monde du désir. Il pratiquait la magie du sutra de Kujaku et fit preuve d'un pouvoir merveilleux. Il poursuivait les esprits démoniaques, les obligeant à travailler pour lui à la construction d'un pont gigantesque. "
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Avec toutes les données recueillies ci et là au cours des siècles, on a fini par établir une biographie qui s'est étoffée peu à peu. On y trouve le nom de son père, de sa mère, on lui attribue des disciples au nombre de 5 dont 2 démons, la Transmission de la Loi Secrète (Mippo) par le maître indien Nagajurna dans la grotte du Mt Minô. Les traditions des écoles du shugen ne sont pas d'accord quant à sa fin : Certaines disent qu'il s'est envolé au ciel du Mt Tenjo-gatake, d'autres qu'il a disparu sur la mer et on ne l'a revu que plusieurs siècles après en Corée, à la suite d'un voyage officiel du moine Dôkô du temple Kimpusenji du village de Yoshino. Il n'en reste pas moins qu'à partir de deux siècles après sa disparition un nombre croissant d'individus au Japon imitèrent son exemple : Les moines Shôbô et Zôyô, ainsi que les yamabushi itinérants (comme Jitsukaga à l'époque Meiji) continuèrent de le prendre comme modèle.
Le 25 janvier 1799, l'empereur Kokaku lui décerna le titre posthume de Jimpen Dai Bosatsu ! Ce document est toujours visible au temple Shogoin à Kyoto.
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Le dieu du shugendo : Zaô-gongen (l'avatar Zaô)
Parmi toutes les divinités shinto du sol, des cours d'eau, des montagnes, c'est celle qui apparut à En-no-gyoja qui détrôna toutes les anciennes divinités : Zaô, la divinité par excellence du shugendô. En Inde, il est vénéré sous la forme de Vajragarbha.
Dans l'Avatamsaka sutra (Kegonkyô), c'est une divinité bienveillante qui explique les 10 étapes de la carrière d'un bodhisattva. On ne peut le considérer comme une figure de premier ordre du bouddhisme, et cependant il est au Japon, depuis l'époque Kamakura, l'objet d'une grande dévotion particulière avec une chapelle grandiose qui lui élevée (qui deviendra la seconde plus grande construction en bois après le grand Bouddha de Nara, le Daibutsuden) : La chapelle du Zaô-gongen du temple Kimpusenji dans le village de Yoshino, avec ses 3 grandes statues de Zaô, en bois de cerisier, qui font chacune plus de 7 mètres de haut. Dès l'époque Kamakura, l'école Shingon, fait figurer Kongo Zaô dans le mandala. Il faudra attendre le milieu du 11ème siècle pour voir En-no-gyoja aux côtés de Zao-gongen dans le Konjaku monogatari, et s'apercevoir à ce moment de la vénération grandissante chez tous les yamabushi..
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Au 14ième siècle dans un ouvrage nommé Taihei au chapitre 26 " Yoshino dans les flammes ", il est écrit : " Quant à Zaô-gongen, voici jadis, En-no-gyoja fit une retraite de 1000 jours sur le sommet du Mt Kimpusen pour aider au salut universel. Il pria fortement jusqu'apparaisse l'image d'un bodhisattva sous une forme vivante. Kongo Zaô apparut sous les traits de la déesse de la danse Benzaiten. Elle fut projetée sur le sommet du Mt Miesen et devint sa gardienne. Plus tard Zaô réapparut sous l'aspect du bodhisattva Ai Kongo et Jizo Bosatsu. L'ascète lui fit baisser la tête en lui disant : " Si tu veux sauver les êtres des mondes futurs, un air tel que celui-ci ne convient pas ! " Et il projeta à nouveau le tendre et mignon Zaô, d'où le temple plus bas que Yoshino dédié à Nage-Jizo (le " Jizo projetté "). Kongo-Zao, vexé et furieux s'envola cette fois pour le sommet du Mt Daisen de la province du Hôki, d'où il revint plus tard complètement transformé : Il se montrait désormais sous l'apparence d'un être fort et furieux, tenant dans la main droite le vajra à 3 pointes, la gauche faisant la mudra du sabre, les coudes relevés près à frapper, le regard fixe chargé de colère ; il semble subjuguer les démons qui font obstacles au Dharma, ses cheveux sont dressés, ses pieds sont levés comme pour frapper le sol en déployant toutes les vertus du ciel et de la terre. "
En-no-gyoja lui éleva une chapelle, qui devint un temple magnifique
Remarquons que si le Taihei donne à Zaô son nom et son titre bouddhique (Kongo-zaô), c'est son avatar (gongen) qui est retenu par En-no-gyoja : Zaô-gongen Le Courroucé !Nous voyons dans cet exemple s'accomplir la métamorphose classique dans la doctrine des avatars du Ryôbu-shinto de l'ésotérisme Shingon, ou du Sanno-ichijutsu shinto de l'ésotérisme Tendai qui s'exprime par la formule : Honji Suijaku, où le cops originel laisse descendre sur ses traces ; autrement dit un personnage bouddhique apparaît sous les formes d'une divinité shinto. C'est aussi la doctrine bouddhiste nouvelle alors au Japon, qui tente de phagocyter des anciens dieux shinto. Le kami dieu-gardien du mont Kimpusen, laisse sa place à Zaô-gongen ! |
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Comme il n'avait rien de menaçant en tant que bodhisattva, " l'ésotérisme mélangé " (zômitsu) le transforme en un avatar courroucé et l'intègre à son panthéon : Il devient terrifiant ! L'ésotérisme du shugendô l'appelle tantôt : Himitsu Kongo (diamant secret), Tokkô Kongo (Foudre qui donne un enseignement spécial) ou encore Rikken Kongo (diamant qui fait régner le Pouvoir surnaturel). C'est le Foudre-Diamant qui secoue les êtres de leur apathie ; apathie qui les rend difficile à instruire.
Le shugendô est allé plus loin que dans les " écritures bouddhiques classiques " où Zaô n'est qu'un auxiliaire du Bouddha Shakyamuni. Il le met sur un pied d'égalité avec Shakyamuni.
Zaô-gongen devient le Bouddha des 3 temps où son action s'exerce : passé, présent et futur.
Dans le Dôken Shônin Meido Ki (Livre de notes sur le monde obscur du Saint homme Dôken) moine yamabushi du milieu du 10ème siècle qui devint Grand Archevêque du temple Kimpusenji sous le nom de Nichizô Shonin ; Zaô-gongen dit : " Je suis un avatar de Shakyamuni, le bodhisattva Zaô. "
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Dans une supplique (gamon) roulé dans un rouleau à sutra et enterré par le noble Fujiwara no Michinaga (960-1027), Fujiwara lance cette exhortation : " Dites à pleine voix, Adoration au fondateur Saka Zaô-gongen ", " Jadis, il était sur le sommet du Pic du Vautour, son nom était Muni (le Silencieux), aujourd'hui il est sur le sommet du Mt Kimpusen pour sauver les êtres, c'est Zaô. "
Fujiwara no Moromichi écrivit cette autre supplique en 1088 à l'occasion d'un pèlerinage au Mt Kimpusen (Mt Sanjo) : " La protection de Zaô n'est pas douteuse ! ".
On attribue à Zaô-gongen un pouvoir surnaturel et les yamabushi à la recherche d'un pareil pouvoir pour eux-mêmes, sollicitaient de sa bienveillance l'octroi de cette puissance merveilleuse.
Le Kimpusen (Mt de la cloche d'or) était une montagne aurifère qui était exploitée depuis longtemps par les yamabushi comme les monts de Koya san et de Hieizan, puisque les yamabushi étaient regardés dans les doctrines Shingon et Tendai comme les " Gardiens-Dieux du Sol ". Peu à peu, on oublia le dieu du sol qui gardait l'or du Kimpusen. Zaô le remplaça et on dit qu'il veille à présent sur cet or jusqu'à l'arrivé sur terre du prochain Bouddha : Le bodhisattva Miroku (Maitreya).
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Le panthéon du Shugendô
Et plus particulièrement le culte du Bouddha Foudo-Myô
La doctrine du shugendo, si elle ressemble pour un néophyte à la doctrine du bouddhisme ésotérique, n'en ai pas moins très éloigné, à cause de ces rites taoïstes et de ses cultes pour les différents avatars (gongen) qui peuplent son panthéon au premier plan contrairement aux autres écoles du bouddhisme japonais traditionnel. Sa doctrine est " cosmothèiste ". Tout en reposant sur le principe d'un Bouddha suprême Dainichi Nyorai, qui est chaque partie de l'univers, dont tous les êtres, des Bouddhas primordiaux, Bodhisattvas, dieux, êtres humains, animaux, végétaux, minéraux, esprits et démons ne sont que des manifestations. De là un panthéon considérable puisqu'il comprend non seulement les bouddhas des premiers ouvrages canoniques mais aussi celui de l'Inde brahmanique pré-bouddhiste de l'ésotérisme, et celle des cultures indigènes comme le shintoïsme et taoïsme.
Chacune de ces divinités reçoit un culte, des prières et offrandes car détentrice d'un pouvoir particulier dans certains domaines. C'est un polythéisme à caractère cosmique pour les yeux des profanes. Certains enseignements bouddhiques véhiculés par des divinités qui peuvent paraître subalternes dans le bouddhisme mikkyo et passant au second plan, vont dans le shugendô apparaître au premier plan : C'est ainsi que le culte des 5 Roi de Science dont le personnage central est le Bouddha Courroucé Foudo Myô est de prime importance dans le Shugendô ! Son le culte est le plus sollicité au Japon depuis le moine Sôbô, fondateur de L'école du Shugen Tôzan, qui avait étudié l'ésotérisme avec le neveu du Maître Kukai : l'Archevêque Shinga.
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Le culte des 5 Rois de Science remonte au bouddhisme tantrique. Ils font partie en Inde des Vidyarajas (Porteurs de Lumière). L'iconographie les représente avec un aspect terrifiant, presque démoniaque pour des occidentaux non avertis ! Mais leur apparence n'est en réalité que pour effrayer les démons en nous, détruire les passions et l'ignorance. On en dénombre jusqu'à 33. 33 est un chiffre porte-bonheur dans le shugendô. Les plus célèbre forment un groupe de 5 dont Foudô est le chef au centre. A l'Est trône Gozanze Yasha Myô, à l'Ouest se trouve Daitoku Yasha Myô, Au Nord est Gundari Yasha Myô, au Sud Kongo Yasha Myô. Dainichi Daishô Foudo Myô est représenté le plus souvent assis sur une dalle en pierre ou debout à l'arrêt, sa peau est d'un bleu foncé couleur de l'espace insondable ; Il est enveloppé de flammes. Il brandit dans sa main droite le glaive à double tranchant de la Sapience (Riken ou Hôken) et dans la main gauche, il tient le Kensaku (paça), une corde lestée (sorte de lasso) qui permet de ramener dans le droit chemin les personnes égarées. Ses yeux regardent en haut et en bas, il porte une natte sur l'épaule gauche, il sert les dents en se mordant la lèvre supérieure, ses sourcils se froncent. Au cours de cérémonie qui lui sont dédiés, on honore aussi ses huit grands serviteurs ou les dragons qui sont ses métamorphoses.
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2 sutras lui sont dédiés : un court, le Shô Foudo kyô, et un plus long : Le Shô Mudo Son Dai Hiinu Darani Himitsu kyô dont le sens est secret.
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A part Zaô-gongen et Foudo, Amida Nyorai, Dainichi Nyorai, Mirokou Butsu, Kannon,... le shugendô vénèrent d'autres divinités, de second plan pour l'ésotérisme Shingon ou Tendai, tels que Izuna Dai Gongen du Mt Togakushi (un tengu zoomorphe), Sampo-Kojin (un destructeur à trois têtes) ou Kimon Dai Myô Jin (celui qui garde la porte des démons), Hachi Dai Ryû Hô (les 8 grands Roi Dragons), les Tengu (gobelins ailés) et Oni (ogre, ogresse et démons bénéfiques),... Les kami sont très priés, mais celui qui ayant accédé au rang de divinité et qui le plus vénéré par les yamabushi (au point d'avoir conçu une ode spéciale) reste tout de même : Jimpen Dai Bosatsu (le grand bodhisattva de Transformation Métamorpgique), autre nom du fondateur En-no-Gyoja, sanctifié et devenu ensuite un véritable Saint.
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L'endroit le plus vénéré, le plus magique (parce que ce sont des volcans au Japon) reste la montagne : L'athanor des alchimistes plutoniens. Le shinto révère les montagnes comme il révère les rivières, les sources, les arbres, le sol. La montagne est le lieu de méditation, d'ascèses pour les bouddhistes en général. Pour les yamabushi, elle devient plus qu'un endroit privilégié : Elle est le retour à la Matrice Originelle, l'autre monde d'où l'on vient et où l'on repart. La montagne est le creuset de l'alchimie taoïste pour les Immortels Siens. La montagne est vénérée comme le mandala naturelle où le Bouddha suprême prêche en permanence le Dharma.
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La Doctrine du Shugendô
Le Shugendô ne s'appuie pas que sur des écritures canoniques particulières comme : Le sutra du Lotus pour l'école Tendai (Hôke-kyo), la Sapience Pénétrante du Sutra du Diamant (Rishu-é kyo) pour l'école Shingon, l'Avatamkasa sutra (le sutra de la guirlande de fleurs) pour l'école Kegon, les 3 sutras du Bouddha d'Amida pour l'école Jodo et pour le Zen les écrits des moines Dogen pour l'école Soto et de Rinzai pour la branche Rinzai. Les textes du shugendô appartiennent aux écoles des différents maîtres du Shugen. Comme les maîtres successifs furent issus de toutes les écoles, il est normal de retrouver à la fois des textes du Zen, de l'Amidisme et de l'ésotérisme Shingon et Tendai, revus et corrigés sous l'angle de vue des ascètes du Shugen. Comme ces derniers côtoyaient les Saints hommes itinérants des confréries de Matsu-hijiri ou de Koya-hijiri de l'école du bouddhisme Amidiste du Nembutsu, vivants près des centres du shugendo des villes de Kumano et Nachi, au sud de la péninsule de Kii, centres shugen jusqu'à l'époque Meiji ; les pratiques des uns et des autres se mélangèrent. On a une tendance hâtive à classer en occident l'école Tôzan-shugen du côté de l'école Shingon dont le sutra principal est celui de la Sagesse Pénétrante (Rishué kyo) pour pouvoir l'opposer ensuite à l'école Honzan dont le sutra fondamental est le sutra du Lotus (Hokké kyo). Pour avoir étudié toutes les doctrines et rites des 4 grandes écoles majeures du shugendô, je puis affirmer que cette classification hâtive est erronée. Le Shugen est shugen ; ni Shingon, ni Tendai , ni Zen ou autres. Pour preuve, bon nombre de maîtres du Shogoin ont étudié à la fois à Hieizan les doctrines Tendai et Amidiste et sont montés jusqu'à Koya san pour étudier la doctrine Shingon. D'autres n'ont pas hésité à aller jusqu'au monastère Soto-Zen Hiei-ji pour avoir une formation. Il y a une différence de connaissances entre les prêtres yamabushi (qui ont toujours eu une culture religieuse) et les yamabushi laïcs qui ont souvent fait fi des textes liturgiques et doctrinaux.
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Il existe des recueils de textes à l'usage du shugendo. Une commission du Nihon Daizôkyo (canon bouddhique japonais) a de 1916 à 1919, lors de son travail, A ces 3 volumes (N° 17, 37 et 38) tous regroupant les rituels et textes doctrinaux des principales écoles du Shugendô. Aces 3 volumes viennent s'adjoindre le Shugen-Seiten et Shugen-Shôten composés aux temples-mères Sanpoin et Shôgoin. En 1986, le professeur Miyake Hitoshi rédige le premier dictionnaire du Shugendô en japonais : Shugendô Daijiten.
La compilation de textes du Shugen-seiten reprend les textes de l'Archevêque Rigen (le Grand Maître du bouddhisme Shingon: Le moine Shôbô) fondateur rénovateur de l'école Tôzan-shugen du temple Sanpoin à l'époque Nambokucho, fondé par l'empereur Godaigo :Les sutras du Konchokyo et Dainichikyo, mais il rajoute un sutra du Kegonkyo consacré au Bodhisattva Fugen et un texte particulier consacré à En-no-gyoja : L'Ubasoku-Kaikyo. Il en va de même pour le Shugen-shôten qui compile en des règles en vigueur dans les écoles Honzan et Tôzan, celles qui existaient concernant le Shugen du Mt Hiko dans l'île du Kyushu.
On peut résumer succinctement la Doctrine du Shugen a :
" Il existe un Bouddha cosmique, Vairocana (Dainichi), qui emplit tout l'univers, qui est chaque chose de l'univers, dans le domaine des choses matérielles comme celui de l'esprit. " Tout ce qui est ", est l'actualisation du Bouddha Vairocana.. Notre Nature n'est en rien différent de celle du Bouddha... C'est seulement parce qu'elle est obnubilée par nos que nous la perdons de vue. "
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Le livre du moyen âge « Shugen sanju-san tsuki » empruntes des passages aux livres du maître Kukai (Juju-shin-ron et Sokushin-jôbutsu-gi ; règles et obtention de l'état de Bouddha durant cette vie) pour exprimer sa doctrine à propos du Substantiel du Bouddha Dainichi (Vairocana) : Ce substantiel est formé de 6 éléments, la terre (le cube), l'eau (la sphère), le feu (la pyramide), l'air (le croissant), l'espace (goutte) et l'éther (l'extrémité de cette goutte). A ces 6 éléments correspondent des couleurs : Le jaune, le blanc, le rouge-orangé, le noir et le bleu.
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Quel est l'aspect de Dainichi Nyorai. Certes le Shugendo, comme l'ésotérisme reconnaît les 4 grands types de mandala : 1) Le Dai Mandara (Grand mandala) où sont représentés tous les Vénérés 2) Le Sanmaya-mandara (ou mandala dit de Convention) représentant les moyens qu'ils choisissent : Ce mandala est construit avec la représentation des attributs de chacun (arc, joyaux, glaive, flèches, sutra,...). 3) Le Hô-mandara (le mandala de la loi du Dharma) ou Bonji-mandara (bija mandala fait de lettres-germes sanscrites) qui est censé représenter " l'esprit vrai " qui anime chaque Vénéré. C'est un mandala où les Vénérés sont représentés sous forme de lettres germes sanscrites comme A ou Kan,... 4) le Gô-mandara (Katsuma mandala) représente les actions de chaque Vénéré, immobile ou marchant, tirant le glaive, ou bandant son arc,...
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Mais le shugendô accorde une importance primordiale au " Corps non humain " en 3 dimensions du Bouddha Dainichi Daishô Fudo (Fudô le Précieux Saint issu du bouddha suprême Dainichi) : La montagne (Ritai mandara), et il affirme que comprendre le sens des paroles du vent dans les arbres, c'est comprendre le véritable message du Bouddha, le pourquoi de la marche des nuages, du bruit de pluie qui tombe, du sens des rivières,... que tout ceci est le véritable Substantiel de Dainichi !
Le shugendô, comme l'ésotérisme bouddhique, prône le Triyuga (triple mystère) ou Sanmitsu-yoga : Unité entre la parole (mantra), le geste (mudra, action) et la pensée (mandala). Comme Kukai, le shugendô affirme : Si nous pratiquons les 3 mystères, la bénédiction divine (kaji) rapidement apparaît car ces trois mystères sont égaux entre eux ! C'est dans sa façon de pratiquer, que le shugendô singularise car il plonge le pratiquant par l'ascèse au cœur du mandala et il lui dit : Que pour atteindre l'état de Bouddha, il faut se débarrasser des passions (et ce n'est pas chose facile que de les transmuter, d'où les ascèses). L'individu étant déjà un Bouddha qui s'ignore car des voiles impurs lui masquent la vue. C'est dans son cheminement initiatique à travers la montagne par l'ascèse que le Shugendô prend toute sa grandeur écologique, en harmonie avec une Nature retrouvée ! L'égalité d'une Réalité Unique est une qualité de l'Absolu.
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L'école Tôzan du shugen a développé une théorie particulière du RI (Raison Innée Kongokai mandala) et du CHI (Connaissance Taizokai mandala) FU NI : Richifuni Raison Innée et Connaissance ne sont pas deux. Ils sont l'endroit et l'envers d'une même pièce d'étoffe. L'école Honzan dira quelques siècles plus tard : Ri et Chi ne sont ni endroit ni envers, c'est la même chose ; cela dépend de celui qui appréhende et de ce que l'on veut appréhender. Ri et Chi n'existent que dans la pensée !
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Dans le bouddhisme ésotérique, on appelle l'expression du principe absolu qui réside au fond de chaque chose, qui n'a jamais changé, ni ne changera jamais, ce principe immuable est nommé : Shinnyo (Ainsité, ce qui est ainsi).
Dans le livre Shugen-shuyô-Hiketsu-shû (Clefs secrètes des pratiques du Shugen), le prêtre yamabushi issu du Zen Renkaku Shônin écrit au 11ème siècle : " Le propre Corps des pratiquants est le Susbantiel de l'éveil des 3 corps non-créé du Bouddha Dainichi (nirmayakana-sambhogakaya-dharmakaya); leur propre esprit est l'attestation intérieure du Plan d'Essences (Kongokai mandala) Aussi notre Formel (représenté par le Taizokai mandala) et notre Esprit (représenté par le Kongokai mandala) sont depuis l'origine le Substantiel du Bouddha Dainichi. De sorte que lorsque la pensée de la réalisation de l'état de Bouddha (de notre corps actuel) est bien ancrée suffisamment dans notre esprit, ce qui est mauvais disparaît pour laisser la place à ce qui est bon. Ayant en esprit, uniquement la déchéance des êtres, il leurs transférera ses mérites accumulés par ses pratiques. Les pratiquants vont au devant des êtres vivants, et les Bouddhas vont au devant des pratiquants. Il en résulte qu'entre les esprits des êtres vivants, des pratiquants et des Bouddhas, il n'y a pas de différence. Ces êtres vivants, qui sont des Bouddhas en puissance, sont déjà des Bouddhas depuis l'origine. La caractéristique des 3 classes de catégories de Bouddhas (vajra, padma et ratna) est qu'il ne diffère pas dans leur réalisation de l'Eveil Profond. Et quand on connaît son esprit, on connaît celui de tous les Bouddhas. Les Bouddhas ont la compréhension supérieure de tout cela ; ils demeurent dans la " Cité de l'Esprit Originel ". Les êtres vivants se trompent au sujet de l'Absolu ; ils errent dans les plaines incultes remplies d'illusions où mènent les 4 possibilités de renaissances inférieures (démons, âmes damnées, guerriers morts au combat, animaux). Les 3 mondes (passé, présent et futur) ne sont que dans l'esprit. Tous les Dharma sont simples Connaissances. Connaître l'égalité d'esprit des 3 classes de Bouddha s'appelle le Grand Eveil. Voilà le point essentiel du shugen ; c'est la grande idée de sa doctrine. "
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De même que le bouddhisme tantrique japonais, le shugendô répète :
- Sokujin jôbutsu : accès immédiat à l'état de Bouddha dans cette vie, avec ce corps.
- Sokushin sokubutsu : identité entre notre corps et celui du Bouddha.
- Sokushin zebutsu : Notre corps est de même nature que celui du Bouddha.
Trois niveaux de " boudhhisation " sont définies :
- Rigu jôbutsu :Boudhisation en puissance
- Kaji jôbutsu : Boudhisation temporaire par bénédiction
- Kentoku jôbutsu : Boudhisation définitive.
L'accession immédiate à l’état de Bouddha est considérée comme l'Eveil Initial.
Par contre, l'identité du Moi et du Bouddha est l'Eveil Originel nommé : Hongaku.
L'éveil initial n'est pas différent de l'éveil originel.
Si le shugendô, comme l'ésotérisme bouddhique, reprend la maxime du moine Kukai : " Bonnô soku Bodai " (les passions sont génératrices de l'état d'éveil ou les passions sont identiques à l'éveil), par contre, le shugendo est plus pragmatique dans les moyens employés pour en montrer les portes d'accès à ses pratiquants, plus que ne le sont les doctrines bouddhiques de l'ésotérisme Shingon ou Tendai.
L'état d'éveil du Shugen, c'est l'état d'esprit du Bouddha Gotama sous l'arbre d'éveil, alors qu'il a réalisé l'Illumination mais n'a pas encore ouvert la bouche pour dire le premier mot ; avant qu'il ne prêche pas encore le Dharma sous la pression du dieu Brâma. Sakamuni Bouddha (Gotama l'Ascète) est resté environ une semaine entière dans cette extase sous le figuier. Cette compréhension de l'univers dans son ensemble se nomme : Shugen !
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Le shugen shuyo hiketsu-shu dit à ce propos : " La thèse du Shugen, c'est la doctrine des 3 Mystères (Sanmitsu) non caractérisés ; c'est le merveilleux principe de l'Ainsité qui règnent dans les 10 plans (enfers, esprits faméliques, titans, animaux, humains, dieux, Rakkan ((Rakkan en jp, ou Araht en scrt), Bouddha-pour-soi (Engaku ou Pratekya Bouddha), Bodhisattvas et Bouddhas). Si l'on s'enquiert de leur apparence, c'est le Substantiel direct, complet dès l'origine, des 2 sections ésotériques (kongokai et taizokai). Si l'on s'enquiert de leur principe suprême, c'est le secret du discernement immédiat de la réalisation de la bouddhisation de son propre corps. Son Substantiel étant partout dans l'espace n'a ni forme ni poids. Sa connaissance emplit le Plan des Essences, on ne peut en voir les limites. En vérité ceci est le principe vrai, qui ne fût pas transmis par le Bouddha ou un fondateur d'écoles. La transmission d'esprit à esprit est à sa base ; il n'y a pas lieu d'en connaître l'intention, pas lieu d'en parler ".
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Dans un passage du livre " Shugen sanjusan tsuki ", il est écrit :
" Toutes les écoles s'appuient sur les écritures (textes canoniques); sur quelles écritures s'appuient le Shugen ? (Sur toutes répondra un yamabushi moderne !).
Le sutra de la Voie du Shugen est le sutra éternel et naturel (celui inscrit dans la montagne et ses phénomènes). C'est le mandala de la Loi que tous les Bouddha ont déjà attesté ; il ne connaît pas la soie jaune claire (sous-entendu pour la couleur de la toge des moines ; ce qui veut dire que le Véritable Dharma est au-delà du Bouddhisme), on ne l'a pas noté avec des pinceaux et de l'encre (il est au delà des écritures canoniques des disciples et des maîtres). Le chant du vent dans les cimes, le rugissement des vagues qui battent les rochers, les bruits de la nature. Tout cela, ce sont les voix brahmaniques qui expliquent la Nature des Dharmas. Sans qu'une seule voix humaine ne s'élève, la Parole va partout dans le Plan des Essences. Voir, écouter et comprendre, c'est obéir à la Loi avec les 6 organes des sens. Mettre son esprit dans l'état où il était du temps où le Bouddha n'avait pas encore prêché la Loi, voilà l'objet du Shugen. Pourquoi s'appuyer sur les Ecritures des Maîtres ? Avant l'Eveil Originel, comment l'Esprit du Bouddha gardait-il l'enseignement des sutras ? Le Shugen ne s'appuie pas sur elles ! Le Shugen c'est l'Esprit du Bouddha. Même s'ils ne connaissent pas les Ecritures, les hommes qui connaissent la Source de l'esprit possèdent l'Eveil Originel. Le principe du Shugen, n'est pas emprunté aux enseignements bouddhiques ; il n'est pas établi avec des mots ; il se transmet d'esprit à esprit. Les explications des Maîtres s'appuient sur des textes, mais ce n'est pas ainsi que la Voie du Shugen est faite. "
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" Si l'on apprenait des Ecritures (textes canoniques bouddhistes) aussi nombreuses que des milliards de grains de sable du Gange, si l'on ne connaît pas l'origine de la nature propre de l'esprit, il ne sert à rien de faire des exercices. " Mais reconnaître simplement l'origine de la nature de son esprit, sans l'attester ensuite, n'est pas suffisant sur le sentier de la réalisation.
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