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Shômudô-an Honzan Shûgen-shû
Nihon 2011 Omine Okugake
copyright Kûban Guintard
Thanks to Venantius, Christophe, Eugenia, Kanzaki, Keitaro & Fujimoto for their picture copyrighted
Departure from France the 11th for Bruno, Christophe & Kûban...
Alex & Claire from USA, Venantius Pinto from India, Eugenia from Rio de Jainero, was in Japan since fews days...
12 july : arrival at Osaka Kanku airport 9 am , Kyoto minshuku 12:00; shugendo shopping, handcraft center, meeting with Cristophe, Bruno & Eugenia...
14:00 meeting with Gomonshu Miyagi at Shogoin temple.

13 july: morning, shugen shopping at "Hayashi hoiten" & Teramachi, meeting with Venantius, Alex & Claire
Kûban went to Osaka for a meeting & diner with Soke Tanaka of Kôden kenjutsu Enshin ryû
14 july Meeting at SHOGOIN temple for the 7 "Knight of Wisdom"
3: 00 pm Hashiramoto-goma / fire ceremony inside Shogoin temple
Inside Shugendo, fire ritual is the most secret ceremony. It's done to break any obstacles during the pilgrimage and this time for the benefit of thousands souls to earthquake & tsunami of Kanto-Tohoukou. Kûban performed it with 3 other Shogoin temple monks to help. All Shomudo-an pilgrimers was present for chanting sutra and mantra...
The purpose of our journey in Japan was to perform pilgrimage inside mounts Omine.
1) VIDEO GOMA
2) DIAPORAMA SHOGOIN VISIT
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15 july : 9 am “BIG LUGGAGE” staying at Shogoin temple
From Kyoto to Yoshino, at Muda bridge doing Suigyo inside Yoshino river after prayers...
staying Kizoin temple in night.
All Shomudo-an group inside Shogoin temple
(from left to right, down to up: Bruno, Alex, Claire, Venantius, Christophe, Eugénia & Kûban.
Most of them, Eugenia, Venantius, Christophe & Kuban can speak japanese; Claire who is french living in States since more than ten years was able to translate to Alex; no problem for a direct understanding between Gomonshu and them for the explanation of the rules, not as in 2007...
16 july: Stay Yoshino at KIZOIN temple with Nakai Sensei : Sleeping KIZOIN temple, study yama-gongyo & Horagai; go to Katte jinja, meeting with 2 Canadian journalist for a radio report.
17 july -18 -19 july: go to Dorogawa, Suiren-kan minshuku, Akkai-san Meeting with the suiboku painter Okuto kun, meeting with Okada sensei of Ryusenji temple.
Go to participate and see the outside bound fire ceremony (saito dai goma) at Tenkawa shinto shrine. Master of ceremony was Sensei Nakai.
Doing takigyo at Ryusenji temple inside typhoon before 3pm
Go to pray at Nyonin gate, to Enno Gyoja 's mother temple, to Toro cave.
Doing several times per day takigyo, doing sanscrit letter calligraphy training....
20 july: MEN go to mount Sanjo (uragyoba)
stay SANJO kizoin shyukubo
2 women wanted to go INAMURA-dake but big Typhoon, they must stay at Dorogawa.
Suireikan guest house bring them to Wasamata lodge house
21 july: go from mount Sanjo to Wasamata lodge house (see Sho cave)
stay Wasamata lodge house
22 july: from Wasamata to MIESEN
Stay Miesen shyukubo
23 july: go from Miesen to ZENKI / Gyoja gaeri tunnel back to Yoshino by taxi
(Stay Zenki Onakabo shukubo / stay Kizoin temple)
24 july: go from Gojo city by bus to Nachi mount, 5 hours by bus
Seigandoji temple, Minshuku Mietakisan
25 july : NACHI Seigandoji temple, Saint Jitsukaga's grave, Narchi waterfall, stay at Mietakisan minshuku
26 july: back to KYOTO Shogoin Via Osaka Kintetsu
27 july : Kyoto Shogoin temple
SAMBO SHIKKI / Tokudo ceremony 3:00 pm
By Gomonshu Miyagi & Shogoin office Director, Rev. Nakamura
Eugenia became SEIGEN / SHÔGEN, Christophe became KENKAKU, Bruno became KENNIN, Alex became KENBAN & Claire became KENNA
28 july : Go to Koya san, HENSONJI temple meeting with MEGURO sensei
29 july: Back to Kyoto from Osaka
30 july: GO BACK to Kansai International airport
OMINE-ZAN NANA-JUGO-NABIKI-NO-GYOBA
(Les monts sacrés de l'Ominé & les 75 stations)
Perhaps later it would be translate in english...But if you want know what is writing, please use google translator...
(Omine zan genjutsu no sekkai yokoso / Welcome inside the magic world of mounts Omine)
La première fois, l’ascète En-no-Gyoja n’a pas commencé le trajet de l’Ominé par le village de Yoshino au nord, mais par la ville de Kumano au sud. Le trajet nord-sud est beaucoup moins dure que le chemin sud nord même si le sentier est le même, car il descend légèrement! L’orientation des montagnes est différente. Dans le sens sud nord, le miné-iri suit « l’itinéraire correcte » (Jumbu Shugyo ou l’on pratique pour l’obtention du satori, jokyu-bodai) alors que dans l’autre sens il est appelé Gyakubushugyo (itinéraire inverse); c’est le Géka-shujo, l’itinéraire pour aider les fidèles. Toutes les écoles (exceptées celle du temple Kizoin du Rév. Nakai qui fait quelques fois le Nyubu-shugyo) font tous à présent, l’itinéraire" plus doux" (soi-disant) qui va de Yoshino en Kumano, du nord vers le sud...et c'est pour cela que nous verrons l'itinéraire du N°75 au nord jusqu'au N°1 au sud... Les poèmes (haiku) laissés par les maîtres passés du Shugendô sont de véritables enseignements qui transmettent le sens caché d’une partie de la doctrine secrète, c’est pourquoi il m’a semblé important d’entre mettre certains en caractères romanisés et d’en proposer une traduction qui n’est certes pas parfaite. Ce n’est pas le but principal de cet ouvrage qui ne traite pas de poésie japonaise. Mais le sens du texte sera du moins intelligible dans le message spirituel caché qu'il contient. C’est pourquoi, je vous en offre d’autres sur l’Ominé. Lorsque nous faisons le pèlerinage, parfois à chaque halte, les maîtres nous en lisent quelques uns, pour nous transmettre la façon de percevoir des yamabushi. J’ai voulu présenter ce pèlerinage à l'intérieur du corps de bouddha en faisant de même ! Ce chemin, long de 170 kilomètres, que les pèlerins parcourent en totalité durant dix jours mais que les moines ascètes font en trois jours, est depuis 2004, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, avec la ville bouddhiste de Koya san et le chemin reliant les villes d’Isé à Kumano (Kumano kôdô).
C’est un chemin qui se trouve au sein, d’un parc naturel régional inchangé depuis plus de mille ans…
JOURNEES 15 &16
Départ du Temple Shogoin en train Kintetsu jusqu'à Yoshino,
75) YANAGI-NO-YADO (la hutte du saule)
De la petite gare du hameau de Muda sur la ligne de chemin de fer régionale pour se rendre au village de Yoshino, passer la le pont qui enjambe la rivière de Yoshino, à l’endroit appelé Miyoshi-no-Bashi (le pont de Miyoshi). A trois cents mètres environ, de l’autre coté du pont, côté montagne, se trouve une petite hutte pour allumer l’encens (hoko-ra) dans laquelle est enchâssée une stèle représentant l'ascète En-no-gyoja. On récite les prières (faire kuyo), puis on descend sur le bord de la rivière se changer pour faire les ablutions dans la rivière de Yoshino (mizugyo) avant d’entrer dans la montagne. L’endroit est nommé "traverser à l’endroit du saule" (yanagi-watashi). En 895, l’empereur Uda demanda au moine Shôbô (le maître Rigen) de d’ouvrir à nouveau le chemin dans les monts de l’Ominé. Ce dernier mit à demeure six bateleurs qui aidèrent à faire franchir la rivière, car en ce temps-là il n'y avait pas de pont pour franchir la rivière.
Poème japonais :
« Chichi haha nora dekisétaru Kara-goromo ima nugi-sutsuru Yoshino-gawa kami »
(A présent, j’enlève mes vêtements donnés par père et mère, pour me tremper dans la rivière sainte de Yoshino)
Se débarrasser de ses affaires, c’est pouvoir se démettre de l’attachement filial. Et grâce à ce corps, véritables vêtements (chair et os) donnés par les parents, je commence à me tremper ici (comme on trempe la lame du sabre que l’on forge) pour atteindre le satori. Les monts Ominé (souvent pris pour le mont Sanjo, véritable lieu d’apparition de Zao-Gongen dans le massif montagneux de l’Ominé) sont Ichijobodai-san, le Corps Unique du bouddha. Entrer dans cette montagne c’est devenir "un enfant du bouddha" pour pouvoir comparaître devant le bouddha. On se lave ici des souillures (bonno) contractées dans la vie de tous les jours. Yoshino est la limite entre le monde des vivants et le "monde des défunts et des morts", début de la montagne et séparation en trois bras de la rivière Yoshino, pareille à la rivière Sanzo-no-kawa qui sépare le monde des vivants de celui des morts dans la mythologie nippone. Passer la rivière Yoshino, c’est mourir pour renaître ensuite dans l’univers du Bouddha. Gishisasei’est une expression qui chez les fermiers rappelle que l’eau est vitale; qu’elle vient de la montagne, lieu de résidence du dieu de l’eau Mikumari-no-kami. Les ascètes, souhaitant retourner dans la matrice du Bouddha, purifient ici leur karma pour atteindre l’état de Bouddha dans cette vie (shokushin-jobutsu). Un poème (haiku) de Saito Sensei (qui fût mon premier maître pour l’art de souffler dans la conque de l'école Tôzan shugen du temple Nyonindo) dit ceci :
« Tara chié néno oyani nora ishikawa goromo ima nugisutéru Yoshino-gawa kami
mina kamiwa tomoéni otsuru takino mizu Yoshino no mi Kumano Isé no Miyagawa »
(la source divine est une, puis devient trois et tombe en cascades. Pour les rivières de Kumano, d'Isé et de Yoshino, ces trois rivières ont une source unique). Ceci est une allégorie quant aux différente écoles du bouddhisme ésotérique dont l'origine est la même pour toutes...
Suigyo/purification insideYoshino river
Shomudo hermitage group 2011
73) YOSHINO-ZAN (le mont de Yoshino)
Sur les 5 temples protecteurs au mont Sanjo (Goju-in), quatre sont présent à Yoshino et le cinquième aux pieds du mont Sanjo à l’ouest, dans le village de Dorogawa. Ces temples sont le Kizo-in affilié à l’école Honzan, le Tonan-in affilié au Kimpusen-Zaodo, le Sakuramotobô, le Chikuri-in sont d'obédience Shingon et le Ryusenji à Dorogawa est affilié à l'école Tôzan. Le portique dont le tour des piliers doit être parcouru comme épreuve pour purifier les néophytes avant d’arriver à la grande chapelle en bois, Zao-do, porte le nom de Kané-no-tori ou Ishi-no-tori. C’est l’empereur Shomu qui le fit construire avec le restant de cuivre destiné à fabriquer le grand bouddha du temple Tôdaiji à Nara. Chaque pied de cet immense portique (qui se trouve à gauche en montant, après l’arrivée de la station du téléphérique) fait 3,33 mètres de circonférence et 7,57 mètres de haut.
Poème du temple Shogoin que l'on récite en tournant autour la main droite posée sur le portique.. :
«Yoshino naru kané no tori ni té o kakété Amida no jodoni iruzo uréshi »
(A Yoshino le portique de la cloche, poser sa main dessus, c’est rentrer dans le paradis d’Amida et goûter l’allégresse)

Prayers inside Zao chapel
Photograph KEITARO http://www.hounoya.or.jp
Poème du maître Saito
« Yoshino naru kané no tori ni té okakété, Aji hondai michi ni airikéru »
(A Yoshino poser sa main sur le portique de la cloche, c’est retourner sur le chemin adamantin de la lettre A)
Sen ou Zan sont deux prononciations différentes d’un même idéogramme qui signifie montagne. Les idéogrammes japonais ont souvent plusieurs lectures
Sen est la prononciation chinoise de l’idéogramme qui se lit Yama en Japonais courant… Tout ceci pour le monastère du Kimpuzanji qui se prononce aussi Kinbusenji; ou bien Ryusenji (le temple de la montagne aux dragons) et non pas Tatsu–zan déra qui est une lecture incorrecte comme l'énnonce Liacono dans son ouvrage "Yamabushi & ninjas".
Le Zao-do (l’immense chapelle en bois) est classée "Trésor national". C’est le second édifice en bois du Japon après le temple Todaiji de Nara qui abrite le plus grand bouddha. Toutes les poutres et madriers sont chevillés, il n’y a pas un seul clou ! Son clocher culmine à 33 mètres, il abrite trois statues de Zao-gongen, en cerisier, hautes de sept mètres. Ces trois statues symbolisent les trois Bouddhas des trois temps (passée présent futur). A l’intérieur du village de Yoshino, après le Zao-do et le Temple Tonan-in, trouvent juste avant de prendre la rude montée qui conduit aux temples Kizoin, Sakuramotobô, Chikuri-in, un sanctuaire shinto dédié à l’eau Yoshimizu-Jinja ou Kisui jinja. Il devint un temple shinto à l'époque Meiji avec la décret impérial de la séparation du shintoisme et du bouddhisme (shin-bustu kisshaku). Avant, c’était la demeure des moines résidants au Kimpusenji. A l’époque Héian, il servit de cachette au fameux Minamoto Yoshitsuné qui y résida quelques temps avec sa maîtresse, la belle Shizuka Gozen. Dame Shizuka, pour donner à son amant le temps nécessaire de s’enfuir et retenir le plus possible ses poursuivants, dansa nue dans ce sanctuaire puis s’offrit au chef de la horde. Yoshitsuné eut le temps avec son compagnon de route, le légendaire géant yamabushi Benkei de fuir par les crêtes jusqu’au mont Sanjo. Le sanctuaire de Yoshimizu-jinja à brûler entièrement en fin septembre 2001, dix jours après l’accident tragique de voiture qui a coûté la vie à la fille du Rév Nakai, âgée de 30 ans : la ravissante Kiku Nakai qui ressemblait à s’y méprendre aux gravures anciennes de Dame Shizuka ! On peut admirer de très belles gravures anciennes de Dame Shizuka dont un kaké-juku (parchemin en rouleau suspendu) dans l’échoppe qui se trouve en face les ruines calcinées du sanctuaire au centre du village, dans la rue principale...
Les 5 temples protecteurs de Yoshino (Gojuin)
-1) Le temple Kizoin. On arrive à présent au temple Kizoin. On dit que c’est le moine Enchin (Chisho Daishi), au moyen âge, qui fit construire ce temple lorsqu’il vint dans l’Ominé faire « l’entrée en montagne ». C’est un Békkaku-Honzan, un des temples principaux de l’école Honzan-shugen affilié au temple impérial Shogoin de Kyoto. Les trois divinités centrales sont Jimpen Dai Bosatsu avec la bouche ouverte, d’où le son A sort ; le bouddha Fudo myo et Zao-gongen. C’est le Kizoin qui détient l’unique statue de Tengu* présente dans les monts Ominé. Cette statue se serait envolée du mont Sanjo jusqu’ici et atterrit dans l’ancienne mare près du temple. Ce qui n’était qu’un ermitage (han) devint un temple à l’ère Genwa, avec l’arrivée du moine Hieison du monastère Kazo sur le mont Koya. A l’époque Edo, un professeur spécialisé dans l’histoire chinoise, Kumazawa Rozan y séjourna une année, ainsi qu’une femme-peintre très célèbre : Mikuma Roka qui laissa au temple des aquarelles sur les cerisiers devenues le trésor du Kizoin ! Ancienne capitale à l’époque des deux cours, Yoshino est un lieu touristique depuis cette date reculée pour les milliers de cerisiers qui ornent les flancs de la montagne et qui fleurissent à la mi-avril (Yoshino senbon-sakura). Les mille cerisiers de Yoshino dont les milliards de pétales ressemblent, en tombant les nuits de pleine lune, à de la poudre de diamant s'échappant du flanc du bouddha Fudo. Le Kizoin est un temple qui fait aussi auberge japonaise traditionnelle. Membre de la Japan Youth Hotel (Association des auberges de jeunesse au Japon), on pouvait y dormir pour moins de cinq mille yens, ce qui est très bon marché au Japon. C’est d’ailleurs ici que je travaillais l’été, pour gagner de quoi payer mes études au Shogoin, durant mes années au Japon, lorsque je faisais mon noviciat. L'été, je résidais en permanence avec le Révérend Nakai Kyozen et lorsque les moments de libre le permettaient, il me faisait travailler les rites, le chant liturgique, l’écriture des lettres sanscrites, domaines où il excelle. J’ai pu ainsi me préparer à l’ascèse de la caverne de Shô avec celui qui l’avait réalisé, à la fin des années 70 et c'est ainsi que le Révérend Nakai devint mon maître d'ascèses. C’est dans ce temple que les yamabushi de la branche Honzan shugen shu passent la première nuit du miné-iri lors du pèlerinage dans le mandala naturel du corps du bouddha Dainichi-Nyorai., dans les montagnes de l’Ominé.
All the group in front of Kizoin hondo with Chief Abbot NAKAI Kyozen
From Kyoto Shogoin to Yoshino Kizoin temple
At Kizoin temple Yoshino village
-2) Le temple Tonan-in est un temple shugendo affilié au temple Kimpusenji de Yoshino. C’est En-no-gyoja qui édifia ce temple qui fut ouvert à nouveau par le moine Nichizo Shonnin. Ce dernier étudia en Chine. A l’époque Nambukocho, il était membre du gouvernement impérial (Kampaku Konoé), aide de camp de l’empereur Go-Daigo. Il se retira de ses fonctions pour devenir le supérieur de ce temple qui devint très vite le lieu de prières de la famille impériale Konoé. Dans la cour intérieure du temple se trouve une pagode octogonale à trois étages, au centre de laquelle se dresse un pilier sacré à huit faces (Hachira) datant de l’époque Edo (vers 1650). Sous la dynastie des Fujiwara, il s’y trouvait une statue de Dainichi. C’est un temple dont la liturgie se rapproche au niveau mélodique de celle du mont Hiei de l’école Tendai.
-3) Le temple Sakuramotobô. Son édification à Yoshino remonte au moine Rikkyu et même plus loin, à l’époque de l’empereur Temmu. Ce fût la maison secondaire de l’ex-empereur, devenu archevêque, Kakujin, lui même fils de Kakujo, ex-empereur qui abdiqua aussi pour rentrer en religion. Lorsque Rigen Daishi (le moine Shobo) fit son pèlerinage en montagne pour la première fois dans ces montagnes, ce fût le supérieur de ce temple qui lui servit de guide ! La divinité principale enchâssée est Jimpen Dai-bosatsu assis, datant de l’époque Muromachi. D’autres divinités se trouvent à ses côtés, tels que Jizo, Saka et Yoshino-Shoten (Vinayaka à tête d’éléphant) dans sa version secrète de Kangi-ten (accouplement du mâle et de la femelle) ainsi que des parchemins secrets sur les monts Ominé. Il n’est affilié à aucune école, mais ses textes sont d’inspiration Shingon.
-4) Le temple Chikuri-in ne suit aucune école depuis toujours. Mais la divinité de ce temple étant Kobo-Daishi (nom posthume du moine Kukai). Il est de sympathie Shingon à présent. C’est le prince Sotoku Taishi qui édifia ce temple qui s’appelait alors le Chizan-ji. L’empereur Komatsu le débaptisa pour lui donner son nom actuel. Le célèbre paysagiste et maître de la cérémonie du thé, Senno Rikkyu, construisit le jardin qui devint le troisième jardin paysagé le plus fréquenté de la région du Kansai (osaka-kyoto-nara). Le joyau de ce temple est un manuscrit écrit de la main du célèbre guerrier Minamoto Yoritomo. Son demi-frère Yoshitsuné fut élevé par les ascètes Tengu du mont Kurama, au Nord de Kyoto et son garde du corps (et compagnon de route) fût le célèbre yamabushi Benkei dont le théâtre Kabuki retrace de nombreuses parties de leurs histoires, notamment dans le Kanrinchô. Dix ans avant sa mort, l’empereur Showa et sa femme y sont descendus pour y dormir une nuit et y planter l’arbre du nouvel an. Le couple impérial a dormi dans la chambre d’or, suite aujourd’hui restaurée après le terrible typhon de 1992 ! C’est magnifique et j’ai pu y dormir en septembre 2007 ! Le supérieur de ce temple ,qui fait auberge traditionnelle, occupa longtemps la fonction de maire du village de Yoshino. Si les affaires religieuses de ce temple ne sont plus florissantes, ses activités politiques et commerciales faisaient de l'abbé un des notables deYoshino.
-5) temple Ryusenji dans le village de Dorogawa dont nous reparlerons plus loin.../...
Seconde journée à Yoshino (16 juillet 2011), on se rend ensemble à pied au sanctuaire de Kate. On révise les chants et prières à dire durant le pèlerinage et faisons quelques achats de matériel.
DIAPORAMA FROM KYOTO TO YOSHINO
72) MIKUMARI-JINJA ou Komori jinja
(Sanctuaire devenu shinto à l’ère Meiji)
Le nom de la divinité enchâssée est "Ten-Suibun-Jin" (L’eau de Pluie) qui offre" l’eau du ciel" à l’agriculture alors que le sanctuaire de Yoshimizu concernait l’eau qui jaillit des sources destinée aux rizières, l’eau de pluie concerne toute l’agriculture. Situé à 35 minutes de marche du temple Kizoin sur la pente raide du mont Yoshino. Comme ceux du village de Kumano, son architecture est particulière au shugendo! C’est un Gongen-zukkuri, une architecture typique du Shugendô; un toit unique pour trois bâtiments abritant à l’origine une triade de divinités syncrétiques (gongen). Réside dans ce bâtiment l’épouse de Katté Dai-myojin du sanctuaire de Yoshimitsu. Son nom est aussi Komori-Himei-no-Kami (la Déesse-Princesse Recluse), autre nom de Wakamiya (la jeune déesse). Elle se nomme Jizo Bosatsu-no-Suijaku pour le shugendo et sa doctrine des avatars ou "apparitions circonstancielles"! Elle trône avec Amida-nyorai-no-suijaku et Kannon bosatsu. Leur travail consiste à dispenser de la joie et du bonheur pour tous les êtres.
71) KIMPU-JINJA (le sanctuaire de la cloche d’or)
Il se trouve à 25 minutes à pieds du 72 en suivant la route qui monte. Le portique de ce sanctuaire est la "seconde porte" du mandala naturel (shugyo-mon). Ce jinja est dans une forêt de cryptomeria, il abrite le dieu du sol de Yoshino Konsei Dai-Myojin, autre nom pour Kin-no-mitaké-no-yashiro, le château du mont d’or. Il y avait probablement une mine aurifère ici auparavant, comme aux monastères des monts Koya et Hiei. Après avoir prier le dieu du sol, les néophytes doivent tous se rendre dans « le pavillon de Yoshitsuné » qui se trouve sur la gauche, un peu en contrebas, après avoir passés une grille de bois. Aussi nommée Kénuké-no-To, Gangan-To, cette petite pagode contient une cloche énorme en bronze. Lorsque les néophytes (au courant de rien) déambulent autour, dans le noir complet, sans le savoir, les guides sonnent alors soudainement la cloche produisant des sons assourdissants. C’est une purification (harai) par le son pour se débarrasser des passions. Jusqu’à l’instant où la cloche retentie, les néophytes récitent le sutra du coeur (hannya shingyo). Une fois les 108 coups frappés, on ré-ouvrent les portes et les néophytes peuvent ressortir, comme une seconde naissance.
Poème à ce propos :
« Yoshino naru miyamano okuno kakuréto honrai ku no sumikanari kéri »
(Dans le fond des monts sacrés de Yoshino, tous cherchent à fuir mais c’est là que demeure le vrai corps de la vacuité)
Le dieu Konsei-Daimyojin est le « corps d’apparition » de Dainichi Nyorai du Kongokai mandala, celui qui fait la mudra du « Poing de Connaissance (Chikenin), l’union du principe masculin et féminin. Il est représenté avec un corps d’or, un chapeau d’or, couleur du soleil auquel est associé le bouddha Dainichi et il tient dans sa main la boule d’or, le joyaux (Kin-tama, les testicules en jpn), faisant alors référence au principe géniteur et fécondateur du dieu du sol pour le monde agricole. Il est le dieu protecteur du mont Kimpu !
Fujimoto Masahi's diaporama from Muda-Yoshino to mount Sanjo
Journée 17 juillet
On se rend en train de Yoshino à Shimoichiguchi par la ligne Kintetsu puis en bus jusqu'à Dorogawa, stay Akai san guest-house, Suiren-kan. On se rend prier à temple Ryusenji puis nous allons tous au sancruaire shinto de Benzaiten du village de Tenkawa, afin d'assister à une cérémonie du feu à l'extérieur Saito Dai goma dont le chef officiant n'est autre que le Révérend Nakai
1) Diaporama / VIDEO of Tenkawa bound fire ceremony
-5) Le Ryusenji dans le village de Dorogawa. C’est le camp de base dans les monts Ominé, du sanctuaire de l’école Tozan du temple Sanpoin Daigoji à Kyoto, le Shugendo version école Shingon élaboré par le moine Shobo. Sa divinité principale est le bouddha Maitreya (Miroku-son-butsu), non pas sous sa forme de bodhisattva habituelle, mais sous la forme du bouddha qu’il prendra dans le futur ! C’est une forme très particulière, issue de la vision divine du moine Shobo. Entourant Rigen Daishi, on trouve aussi la statue de Kobo Daishi. A cet emplacement, En-no-gyoja a fortement prié les huit Grands Rois-dragons (Hachi-dai-ryu-O) si bien que ceux ci firent jaillirent une source. Il y a une cascade pour y pratiquer l’ascèse du takishugyo et la source est aménagée en bassin pour les ablutions rituelles (mizugyo):
« Arigataya oya yori ukéshi karai goromo harai kyoméru Ryusen no mizu »
(Dans l’eau du Ryusenji, j’ai pu purifier mon vêtement corporel, soyez béni !)
Avant de monter sur le mont Sanjo les yamabushi de la branche Tôzan du Shugen, passant au temple Ryusenji, récitent ce court poème. Auparavant les épreuves lors du pèlerinage liées aux dix mondes étaient légèrement différentes. Au niveau des enfers, on faisait la méditation du durcissement de la couche avec le sceptre (Tokogatamé), pour celui des démons faméliques et des âmes affamées, les yamabushi exécutaient l’acte de pénitence (zangé). Au monde des animaux, ils faisaient la pendaison avec la corde de la conque (Go-no-hakari). Au niveau du monde des titans, c’était l’épreuve de la privation d’eau (mizudachi). Pour celui des hommes, on faisait l’offrande de l’eau (Akka), pour celui des dieux, une lutte (tengu-zumo), pour les auditeurs, on exécutait une danse de longue vie (En-nen); pour le monde des bouddha-pour-soi, l’offrande du bois liturgique et arrivés au niveau des bouddha, on recevait l’initiation et le sacrement (Sho-kanjo) après avoir fait la cérémonie du feu.
Diaporama / VIDEO Ryusenj temple / takigyo / Suigyo
Journée 18 juillet, stay Dorogawa, Akai san minshuku
Le groupe fait de la calligraphie de lettres sanscrites, se rend prier au temple de la mère d'Enno Gyoja, à la grotte de TORO et nous faisons l'ablution dans la cascade 3 fois dans la journée au temple Ryusenji puis allons rendre visite au peintre Okuto-kun...
Le typhon passe en plein sur la région! Tout le monde se met à l'abri..
Diaporama Dorogawa village, temple Enno Gyoja's mother, Nyonin gate, Toro grotto & painter Okuto kun
Journées 19- 20 juillet**
(le nombre de * indique le niveau de difficultés)
Dorotsuji halte
68) JOSHIN-MON (porte de l’esprit clair)
A 90 minutes de Goban-sékki, après le refuge et les maisons de thé de Dorotsuji et le sentier qui mène au village de Dorogawa, se trouve Joshin-mon, à l’entrée du mont Sanjo, vers le Kané-daké (le rocher de la cloche) que tous les « shinkyaku » (débutants qui se rendent pour la première fois sur le mont Sanjo) doivent escalader. C’est l’endroit où se trouvent les trois « omoté-gyoba», trois lieux "d’épreuves externes": 1) « Kamé ishi », le rocher enfoui en partie dans la terre et dont la dalle qui en émerger fait penser à la carapace d’une tortue, 2) «Kané-kaké-iwa», grimper le rocher de la cloche qui rappel les pas croisés en varappe que faisaient les anciens yamabushi pour escalader les montagnes; 3) « Nishi nozoki », la pendaison vers l’ouest où les néophytes écécutent. ces épreuves dites "externes" sont en rapport avec les« ura gyoba » lieux d’épreuves dites internes qui se sont juste avant d’arriver au monastère du mont Sanjo.
The gate Joshin-mon
Voici un poème du maître Saïto, à propos de cet endroit :
« Kanékaké tô totté tazunété kité miréba, kukétsu no hora o shitani kosô miru »
(Après avoir passé le rocher de la cloche, demandant aux personnes qui se trouvent ici, verrons nous les neuf orifices de la conque visibles par le jeune bonze lorsqu’il regarde vers le bas). Après avoir gravit le « rocher de la cloche », avoir franchit le portique, les yamabushi néophytes se rendent au « rocher de la pendaison par les pieds à l’ouest » (nishi-no-nozoki) où les uns après les autres, des jeunes moines aux laics, les néophytes, venant pour la première fois au mont Sanjo, vont être suspendus dans le vide par les pieds. Les vétérans n’hésitent pas à faire glisser très bas, le long de la paroi, les jeunes moines novices, pour soi-disant, qu’ils puissent contempler une encoche particulière dans la roche nommée « Les 9 trous de la conque ».
Nishi-no-nozoki testing
Ces « 9 trous » dit le maître Saïto*, dans l’un de ces ouvrages :
(* le maître Saito sensei fut un grand dignitaire du shugendo du temple Sambôin pendant des années. Il était le supérieur du petit temple Nyonin-dô dans le grand complexe d’édifices religieux du temple Daigoji. Son maître, le Révérend Okada fût le supérieur du temple Ryusenji du village de Dorogawa avant de devenir le chef suprême de l’école Tôzan-shugen-shu au temple Daigoji de Kyoto il y a plus de 50 ans et de réécrire entièrement le rituel secret du Shichidanpô qui permet d'accéder à l'initiation de Heïn dans le shugen de l'école Tôzan. L'Abbé actuel du temple Ryusenji est le petit-fils du maître Okada)
« Les 9 orifices que l’on peut voir sont les 9 états de samadhi du bouddha de l’ouest Amida (Amithaba en scrt, Amitayûs en chinois). Ces 9 paradis d’Amida (kubongokuraku-sékkai) sont : l'oeil gauche d’Amida est Miroku Bosatsu, l’oeil droit est Ashuku Nyorai, la narine gauche Fugen Bosatsu, la narine droite Saka Nyorai (Sakyamuni), la bouche est Dainichi Nyorai, l’oreille gauche est Hossho Nyorai, l’oreille droite est Kannon Bosatsu, le nombril est Amida Nyorai et l’orifice du rectum est Monju Bosatsu. Ceci est le Taizokai mandala de Fudo Myô. »
A propos des 9 orifices voici un poème ancien disant :
« Amatsu-kazé kumo iharukani nagamuréba sanzé shobutsu no jodo naru ran »
(Le vent du ciel, les nuages aux loin, ceci est bien le triple monde merveilleux du bouddha)
Ce texte explique aux yamabushi, que même pendu dans le vide par les pieds, le corps est néanmoins au-dessus des nuages.
« Kukétsu yori kokyuno kazé ya kari no minô fujô saruwa iwa oshi no mizu »
(Des 9 orifices vient la respiration du vent, ce corps impur est lavé, je m’en débarrasse, l’eau bonne vient de la grande roche)
« Kané kaké ni noborité miréba. kané monashi. Kokoro no mida ni aouzo uréshi. »
(Venir au rocher de la cloche pour gravir et regarder. L’or et l’argent ne sont rien. Ne pouvant rien voir avec les yeux, je ressens avec l’esprit d’Amida et je suis heureux) Les mots ‘cloche’ et ‘argent’, s’ils ne s’écrivent pas avec le même idéogramme, se prononcent de la même façon.
Voici un poème qui indiquait comment les yamabushi pratiquent et qu’elle est la posture mentale qu’ils adoptent lors du franchissement des trois épreuves vers la porte Joshin-mon !
« Mumyo naru. Shishi ni noriété. Hosho no michi otsutaété.”
(J’étais ignorant mais obtenant le Lion, je grimpe pour montrer le chemin du dharma et je ressens de l’allégresse).
Mumyo, l’ignorance est le "principe secret" (hi-hô) de l’obtention de l’illumination grâce aux passions comme moteur (bonno-soku-bodai). Assis sur les genoux en seiza, les yamabushi gardent les pieds armés (pour pouvoir bondir rapidement), le talon bloqué entre le périné et l’anus pour faire pression sur le feu serpent de la Kundalini. Cette posture secrète "de vigilance", employée et enseignée par le bodhisattva Manjusri (en jpn Monju bosatsu), toujours représenté chevauchant un lion est appelée Posture du Lion !
VIDEO DOROGAWA to SANJO
67) SANJO-GATAKE (Le mont Sanjo, son monastère, ses gîtes, ses épreuves)

Environ à quinze minutes à pieds du n°68, on arrive au sommet du Sanjo. On passe en premier lieu devant des bâtiments anciens en bois, allongés, où dans chacun peut dormir plus de cent personnes. A gauche, il y a les gîtes des temples Chikuri-in, Sakuramotobô et Kizoin, à droite un peu éloigné des autres celui du Ryusenji. Plus haut, se trouve le monastère proprement dit, la mecque du shugendô, avec les bâtiments attenants. Au sommet l’endroit est dégagé. Le temple est le bâtiment de gauche. A droite le logement des personnes chargées de son fonctionnement. La montagne étant ouverte du 3 mai au 21 septembre, si l’on arrive en milieu d’après-midi pendant cette période, on peut trouver le gîte et le couvert pour quatre milles yen, environ cinquante euro, végétarien certes, mais chaud, car la température extérieure n’excède pas les dix degrés centigrades, même en été. Le pic se trouve à 1.719,5 mètres d’altitude. C’est l’endroit le plus humide du Japon ! Le mont Sanjo est très souvent dans les nuages des typhons qui passent sur le Japon au moment du pèlerinage de « l’entrée en montagne » ! Lorsque le miné-iri arrive au Sanjo, les néophytes, avant de rentrer dans le temple sacré, doivent accomplir une série d’épreuves : Les « trois omoté-gyoba » ont été réalisés avant de passer devant les auberges (shukubo) et on enchaîne ensuite par les « ju-hachi ura-gyoba », les dix-huit sites internes. Le temple porte le nom de Sanjo-hondo Ominé-sanji, le temple du mont Ominé hall du sommet. Les gîtes sont regroupés sous l’appellation Goju-in Kokabo Sanrojo, les cinq temples protecteurs de l’Ominé qui comportent des réfectoires, des salles de réunions et des chapelles. Au sommet, à droite, direction Ouest, il y a un champs de fleurs sacrées et naturelles qui fleurissent au cours de l’été (Ohana-bataké). C’est ici, qu’En-no-gyoja eût sa vision de l'avatar Zao-Gongen. Le mont Sanjo se trouve à 180 minutes de marche du village de Dorogawa, si on veut y accéder par la voie courte. La divinité principale de ce monastère est donc Zao-gongen. Sa construction date du début de l’époque Heian, juste après la venue d'En-no-Gyoja, il y a 1.300 ans. Depuis l’époque Edo, vers 1600, on y vénère une statue secrète d’En-no-gyoja (Hi-Butsu) qui se trouve derrière la table d’exécution de la cérémonie de l'oblation du feu. C’est une statue qui semble vivante, comme si le saint anachorète veillait toujours sur ses yamabushi. J’ai pu voir cette statue aux yeux de cristal : Impressionnant ! Impressionnante la force et la puissance qui s'en dégagent ! Les chefs des fidèles regroupés en trois associations ou kôsha (Sango ou Sankô), celle des villages de Doragawa et Yoshino et d'Osaka et plus spécialement celle du quartier de Sakkai : Yashima-éki-kô. Ces trois associations de Shugenjas protègent et soutiennent financièrement le monastère du mont Sanjo. Les membres de ces associations se réunissent tous, dans la nuit du 2 au 3 mai de chaque année, avec les supérieurs des cinq temples protecteurs pour faire la « cérémonie de remise des clefs et d’ouverture des portes du temple » (Toaké-shiki) car le temple est fermé l’hiver à cause de la hauteur de neige. La cérémonie dure la nuit entière, les cinq supérieurs des temples de Yoshino et de Dorogawa sont présents ainsi que des dignitaires du Shogoin avec les chefs des Kôsha de Kyoto, de toute la province du Kanto et de nombreux fidèles masculins. C’est presque un millier d'hommes qui grimpent au Mt Sanjo pour assister à cet événement tous les ans. Une fois les clefs remises, il y a un simulacre de bataille: L’individu (jinba), à qui sont remises les clefs, est porté sur les épaules d’un autre homme qui fuit la foule en délire essayant de lui voler les clefs. Les portes s'ouvrent et tout le monde est censé se calmer pour aller se présenter devant la statue secrète d’En-no-gyoja (Himitsu-butsu). Cela se termine par une cérémonie du feu en extérieur (saito-dai-goma*), il est trois heures du matin. Certains vont ensuite prendre leur petit déjeuner et redescendre vers les cinq heures, avec les premières lueurs de l’aube, dans la vallée !
Les trois "omoté-gyoba" avant l'arrivée du Mt Sanjo, sont:
1) KAME-ISHI (la pierre de la tortue)
Après le croisement du chemin qui vient de Yoshino et celui qui monte du village de Dorogawa, au lieu-dit "Dorotsuji" se trouve le premer des trois omoté-gyoba : la pierre de la tortue.
Poème du shugen:
«Kamé ishi fumuna takuna tsué tsukuna yoikété toréyo tabi no shinkyaku »
(Ne pas écraser, ne pas frapper, ne pas donner de coups à la « pierre de la tortue », il faut la contourner, c’est l’itinéraire des néophytes)
Cette grande dalle, entourée à présent d’une balustrade en granit pour la protéger, est censée être la carapace de tortue que la mère d’En-no-gyoja laissa à son retour du mont Sanjo. Souhaitant voir son fils, elle se métamorphosa en tortue pour grimper au sommet du Sanjo. On retrouve cette pierre dans les « ura-gyoba». Ici, sur le dos, des piécettes lui y sont déposées en offrande, mais nul ne songerait à marcher ou à planter son bâton de marche ici. Ce poème est fait pour rappeler cette injonction. La légende de la mère d’En-no-gyoja qui change de corps pour voir son fils, met en évidence le fait que l’accès des montagnes aux femmes était prohibé depuis plus longtemps que la création du shugendo dans les traditions populaires japonaises... Il faut se rendre compte que, ce qui peut paraître comme une discrimination au 21ième siècle, est en réalité vécu comme une répartition des tâches, il y a 1300 ans. Schématiquement les femmes s’occupent des travaux des champs, y accouchent de leur progéniture, alors que le domaine de la montagne, monde des défunts, ramassage du bois pour chauffer, défrichage, était réservé aux hommes. Ce qui ne sous-entend nullement que le travaux des champs soient plus reposants. Je pense qu’il n’y avait pas de discrimination de la part des ascètes. Pour avoir étudié la vie d’ascètes femmes de l’école Jodoshin-shu qui pratiquaient la récitation du mantra du Nembutsu au moyen âge dans les montagnes de la province de Mikawa (près des villes de Nagoya et Toyota), je me suis aperçu d’une chose commune chez ces religieuses-ascètes et les femmes yamabushi du 20ième siècle :
"La pratique des ascèses en montagne ménopause prématurément les femmes et les conditions de pratiques y sont très dures ! C’est probablement pour préserver les "matrices "nécessaires à l’enfantement que les montagnes furent interdites aux femmes !
Dans les écrits bouddhiques, il est écrit que si les femmes souhaitent gagner l’illumination, comme la fille du Roi des Dragons, elles devront se "réincarner" en homme. C’est une allégorie bien sûr ! La ménopause était vue (injustement d'ailleurs) comme "la perte de l‘état féminin" pour acquérir celui d’homme... Un tel changement hormonal a lieu indubitablement lors de la pratique d’austérités en montagne, avec l’activation de la progestérone! Arrêt des menstruations et plus de possibilité d’être enceinte. Quant à l’utilité de maintenir le Nyonin-kinsei aux 21ième siècle, si le débat fût ouvert au Japon en 2000 pour le 1300 anniversaire de la mort du fondateur, c’est l’avenir qui apportera une solution qui est déjà en passe d’être trouvé . Vu le nombre toujours décroissant des pratiquants mâles depuis le 20ième siècle, le nombre décroissant des vieux fidèles machistes, et du nombre toujours croissant des femmes yamabushi qui gravissent la nuit secrètement jusqu'au monastère du Mt Sanjo par le mont Inamura; il est à parier qu'un jour prochain les femmes japonaises pratiquantes verront cette interdiction se lever automatiquement…"
2) KANE KAKE ( le rocher de la cloche)
Il se trouve entre la pierre de la tortue et le rocher de la pendaison. C’est un passage de quelques dizaines de mètres en varappe. En temps normal, tous ces exercices se dérouleraient sans difficulté, mais avec dix heures de marche dans les jambes, cela devient une affaire délicate. Il faut bien écouter les conseils préalables des anciens pour ne pas rester bloqué sur le rocher. « Kané-kaké-iwa» nous apprend un pas croisé, un pas précis à exécuter sur ce rocher. Il ne peut, ni ne doit, être franchi n’importe comment ! C’est un pas croisé avec un changement de pied sur l’extrémité des orteils qui doit être effectué! Ce qui me laisse supposer que les miné-iri anciens, tout en étant ponctués d’épreuves initiatiques qui sélectionnaient les candidats, étaient aussi des périodes d’entraînements militaires pour les moines-soldats ds ces "sites dissimulés" (kagouré-zato). Dans les dix-huit autres épreuves à l’Est du mont Sanjo, ce genre d’exercices en varappe sera refait. On raconte qu’autrefois Jimpen y aurait amené de la province de Shizuoka, une cloche en bronze très lourde et l’aurait suspendu à un pin près de ce rocher, d’où son nom actuel.
Pour se donner du courage en vue du franchissement de cette épreuve, les yamabushis se récitaient ce court poème..:
« Koku yori koku ni kuru,kokoro koso,Namu Amida butsuy no miniwa narikéri »
(L’esprit vient de l’espace et retour à l’espace, Adoration au Bouddha de Lumière Infinie, Amida est le corps). Ceci est la vertu du bouddha Amida qui donne l’enseignement selon le niveau de compréhension atteint par le fidèle. En sanscrit cette sagesse se nomme Pratya-
Aveksnana-jnana, une sapience qui ôte les doutes au fur et à mesure qu’ils apparaissent.

3) NISHI NO NOZOKI (la pendaison à l’Ouest)
Voici le court poème de cet endroit:
« Arigataya nishi no nozoki ni zangé shité ,mida no jodo ni iruzo, uréshi »
(Merci infiniment de permettre de faire pénitence au rocher de la pendaison de l’Ouest, je vais au paradis du bouddha Amida et suis heureux)
Lorsque le néophyte se trouve à l’endroit de cette épreuve, on lui dit d’enfiler une corde autour de ses épaules, de garder ses paumes jointes en prières et de ne les ouvrir sous aucun prétexte. Pendant qu’une personne tient la corde, deux autres lui prennent les chevilles et le laissent glisser le long de la paroie On finit par oublier très vite la corde à force de regarder dans le fond de la vallée quelques dizaines de mètres plus bas. L’un des Sendatsu pose alors, en japonais, les questions suivantes à la personne pendue par les pieds, en criant pour se faire entendre : « Respectes-tu bien tes parents ? Faits-tu bien tes prières pour le fondateur tous les 7 de chaque mois ? Et pour Fudo-Myô tous les 28 du mois ? A chaque question, le néophyte doit répondre ’oui’ d’une voix forte (AI ! en jpn), les guides laissent un peu de corde filer pour terroriser les nouveaux venus. Aux moyen-âge, durant cet exercice, les "imposteurs shugenjas" étaient démasqués puis sacrifiés "envoyés" au bouddha de l’Ouet. L’ouest étant la terre des morts en direction du soleil couchant. Une fois démasqué par des réponses qu'ils ne connaissaient pas, il suffisait de lâcher les chevilles pour qu'ils aillent s'écraser aux pieds de la falaise...

Nishi-no-nozoki avec un néophyte pendu par les pieds, Taigaku sensei à gauche et le village de Dorogawa dans le fond à 11 kms

moine novice (shinkyaku) pendu fait le nishi-no-nozoki jurant de respecter les 3 Joyaux, ses maîtres et ses parents...
Le poème suivant traite ce sujet:
« Inishié no tatsu omoshirazu Sanjo no koko zo gyoja no chikai narikéri
Waké noboru kumowo kakéashi otoshikochi no kokorono nigori suméru tanika
(Regarder vers l’ouest dans la direction des dragons, le pratiquant prend conscience de l’enfer, les pieds accrochés aux nuages, confiant il pourra se rendre sur le mont Méru)
Voici un autre poème de maître Saito :
« Arashi fuku nishi no nozoki no kibishi sani, rokon shojo tada jushi kéri »
(Prier dans la tempête à la pendaison de l’ouest est une situation difficile, on ne peut dire que ‘ rokkon shojo’, "éclaircissons nos six sens")
« Histo motono inochi no tsunani myo azuku zangé gobyo nozoki no gyo wa »
(Ma vie est suspendue à une corde qui balance, pénitence, ceci est l’épreuve de la pendaison par les pieds)



les 5 gîtes-temples (syukubo) du mont Sanjo avec différents points de vue
Kanzaki Shirou, master of Kizoin Sanjo syukubô / lodge house
Diaporama 2011 from Dorogawa village to Ominesanji monastery & kizoin shukubo
Ju-hachi ura gyoba
les dix huit épreuves de l'itinéraire "iniatique" interne
Pour se rendre aux "dix-huit places internes" du mont Sanjo, les 18 ura-gyoba, il faut longer le gîte du temple Kizoin. C'est un chemin inititaique poncté d'épreuves et de prières que tous les néophytes devaient accomplir avant de pouvoir rentrer dans le monastère autrefois. Très glissant par temps de pluie, voir dangereux, il faut toujours être accompagné par un guide prévu à cet effet résidants dans les gîtes. C'est une série d'épreuves que je prends toujours à coeur de réaliser lorsque je me rend au mont Sanjo..
Attention, s’il a plu, c’est extrêmement dangereux car très glissant. Moyennant quelques yens, on peut se faire accompagner par un guide spécial se trouvant dans l’un des cinq gîtes. Par beau temps, il faut compter 45 minutes, avec les prières, pour réaliser le parcours en totalité ! L’itinéraire commence derrière le gite du temple Kizoin en allant vers l’Est !
(Thanks to Christophe, Venantius & Kanzaki for their picture)
1) Fudo no nobori-iwa (gimper la roche de Fudo)
Il faut se servir des chaînes mises en place. C’est une série de rochers à escalader qui nous montrent qu’il est difficile d’acquérir le corps inaltérable (Jôju kongo) de Fudo. Il faut enjamber le dernier bloc (Oishi-waké-iwa) pour entrée dans le n°2 avec la jambe gauche, comme on franchit l’entrée d’un temple, avec le pied gauche.
2) Goma iwaya (la caverne de l’oblation du feu)
A l’entrée du tunnel de la matrice (taïnai) se trouve un endroit dégagé avec une statue de Jimpen, comportant une ouverture au sommet de la caverne. On dit qu’En-nogyoja y pratiquait le rituel du feu. L’endroit est exigüe et rond, comme un ventre, près pour la transmutation de l’embryon de l’oeuf alchimique.
3) Taïnai-kuguri (se faufiler à l’intérieur de la matrice, de l’utérus)
La caverne de l’oblation du feu continue en se rétrécissant sur plusieurs dizaines de mètres. Il y fait très sombre. Le yamabushi se trouve dans le ventre de la mère nature. Lorsque le néophyte sort par le col de cet "utérus naturel" (par comparaison avec l'utérus maternel), il doit prononcer le son A (son primordial) et faire attention de ne pas heurter sa tête sur le surplomb. C’est pareil au cri du nouveau-né qui sort du col de l’utérus.
« Tainai yau kokurité taki ni utarureba imazo banjino akao kosonuké »
(Passer au travers de la matrice, c’est pareil que se laisser frapper par la cascade, à présent moi le faible moine j’établis la dalle de la ferme résolution)
4) Byobu-iwa (La roche d'égalité)
Après avoir passé le tainai, le chemin se faufile entre deux dalles de pierres dressées comme des menhirs et qui sont parallèles, avec juste un espace pour passer de profil. Elles représentent le père et la mère, le Kongokai et le Taizokai mandalas, au-dessus desquels se trouve un porche en pierre. Au moyen-âge, on escaladait ces deux rochers avec une jambe sur chacune des dalles en grand écart. «O-uma-ya » "L’écurie" est le nom d’une roche près du n°4 où l’on était censé accrocher sa monture. Son symbolisme est celui de la crèche. On continue le sentier entre les roches et l’on arrive au N°5…
5) Mitaké-no-iwaya (La caverne où l’on peut voir sa taille)
C’est une étroite caverne, peu profonde où se trouve une statue en bronze d'En-no-Gyoja qui semble pleurer, à cause de la mousse faisant comme des larmes.. On y regardait sa taille
6) Késa-kaké-iwa (La roche qui porte le késa, la toge bouddhique)
Alors que le n°8 est en face de nous, le n°7 sur notre droite, le n°6 quant à lui est sur notre gauche. Les racines des arbres sur la roche font penser à une toge bouddhique de moine, la késa. Au moyen âge, il y avait une variété de mousse qui brillait la nuit (hikkari-kokké) présente au n°10.
7) Kolomo-kaké-iwa (La roche revêtue du vêtement monastique)
Se trouve à droite, près du n°6 près, un rocher nommé : « oi-kaké-iwa », le rocher qui porte le coffre sur le dos. En réalité, comme dans la cérémonie du Tokudo et d l’ascète symboliquement se revêt de la toge lors de la la prise de refuge dans les 3 Joyaux bouddhistes..
8) Kagami-iwa (le rocher miroir)
On devine sur cette pierre, avec certes un peu d’imagination, la forme arrondie d’une tête tondue (donc d’un prêtre), mains jointes en prières portant une toge noire. On dit qu’En-no-gyoja y aurait vu sa pitoyable apparence d’ascète desséché. On raconte qu’il existe une relation de "renaissance" entre les n°5, 6, 7, 8 et les n° 1, 2, 3.
Poème attribué à En-no-gyoja qu'il aurait écrit en se regardant dans la pierre du mirroir :
« Furusato no histoya miruran azukashiya yatsuré aténuru wagasugata kana »
(Si des personnes de chez moi me voyaient maintenant, comme j’éprouverai de la honte à la vue de ma maigreur)
9) Sai-no-kawara (la rivière Sai)
Peu après le n°6, le sentier se dirige vers la gauche et l’on arrive à un endroit où se trouve une statue du bodhisattva Jizo, à l’apparence monacale avec sa tête rasée, sa toge et son bâton à anneau. C’est ainsi que l’on représente le bodhisattva Kristhagarbha (son nom en scrt) en Chine et au Japon. Cette une rivière allégorique qui sépare le monde des vivants de celui des enfants mort-nés ou décédés en bas âge. Les yamabushi y disent des prières pour le repos de leurs âmes et dépose une pierre sur une autre qui finira par y faire un stupa ou reliquaire, comme on en voit tant au Tibet ou au Népal...
10) Ama-no-gawa (La voie lactée)
C’est une grotte à droite du chemin montant, très ouverte et longue dont les parois sont tapissées d'une mousse phosphorescente, qui brille la nuit au point de pouvoir faire pensée à la voie lactée, très abritée par mauvais temps, très confortable pour y passer la nuit si une ourse n’y élève pas ses petits…
11) Kamé-ishi (la pierre de la tortue) ou Gotobiki-iwa (le rocher protecteur du Nord)
En relation avec la pierre de la tortue de l’omoté-gyoba situé avant la 68ième station, cette pierre-ci est considérée comme une des formes d’En-no-gyoja. Elle avait pour autre nom Ko-kamé-ishi, la piere de la petite tortue. Il ne faut pas poser sa main dessus la tête de cette tortue; cela est interdit sous peine de sanctions graves ! Lorsque l’on se retourne après l’avoir dépassé, en grimpant plus haut, on s’aperçoit que cette tortue porte réellement une forêt sur sa carapace. Comme la tortue de la mythologie chinoise portant l’univers sur son dos ou bien l’axe du monde, le mont Méru reposant sur la tortue... les monts Ominé font de même et reposent sur le dos d’En-no-gyoja. Tel est le symbolisme de cette partie du parcours. Il y a aussi une relation plus intime entre la voie lactée qui symbolise le vagin et la tortue (Kamé) image qualifiant le pénis dans l'imagerie populaire au Japon !
12) Daikoku-iwa (La pierre du grand Dieu sombre)
Au fond d’un ravinement se trouve, sur la droite, cette pierre qui ressemble au sac de grains de riz (ou au maillet) du dieu Daikoku. L’un des sept dieux du bonheur, Shichifukujin. Une fois dépassée, on s’aperçoit, en se retournant, de la ressemblance avec ses éléments. Un peu plus loin, se trouve la hanche du dieu en forme de dragon. Il fallait des hanches puissantes pour porter les lourds sacs de riz sur son dos !
13) Séoi-iwa (La pierre du Karma)
On la franchit en rampant sur le coté. Elle nous enveloppe et au moment où l’on se trouve à l’intérieur, c'est une sensation oppressante que l’on ressent. Une fois franchit, il suffit de se retourner pour s’apercevoir qu’elle a la forme d’une grenouille d’où son autre nom de Kaéru-ishi : la pierre de la grenouille. Kaéru en jpn signifie "revenir, s’en retourner", comme le karma nous fait nous réincarner. Tel est le poids du karma à ressentir à cet endroit !
With my best japanese friend SHIROU KANZAKI since more than 20 years
14) Tobi-ishi (la pierre du saut)
C’est un endroit au passage délicat. A présent pour le franchir, on se sert des deux chaînes mises en place et qui restent tout le temps à demeure. Il faut commencer à franchir ce passage délicat avec le pied gauche, puis croiser par dessus avec le pied droit, en tenant une chaîne dans chaque main. Par le passé, il n’y avait pas de chaîne mais il a fallu les installer après la chute d’une personne. Avant, on sautait de l’endroit où se trouve les chaînes jusqu’au rocher où se trouve la statue d'En-no-gyoja offerte par les fidèles du temple Kizoin, d’où le nom de Tobi- ishi. C’était un passage dangereux, à présent il l'est moins car plus sécurisé… On arrive en bordure Est de la falaise et à partir de maintenant, il faut faire attention car la roche s'effrite à cause de l’érosion et des pluies acides. Ce saut c'est celui qu'il faut souvent faire pour se lancer dans la réalisation de ses souhaits!
15) Higashi-no-nozoki (La vision de l’est)
Jusqu’à la fin du moyen âge, on y effectuait la pendaison par les pieds coté Est. La falaise se trouve après « la pierre du saut ». On y accède juste après le saut en passant sur la gauche. On ne pratique plus les pendaisons par les pieds ici depuis qu’il s’est produit un accident mortel, on s'est aperçu que la roche n'était plus solide. L’endroit est néanmoins idéal pour photographier les yamabushi au dessus du vide agripper à la falaise, au n°17.
Poème du Shugen
"Nozoku miwa bodai no michi-é hikitsunano kumo maya hana no uténa naruran"
(Regarder dans le fond de la vallée, je le fais ; c’est le sentier de bodai, la corde est celle qui montre le bon chemin, l’espace entre les nuages est semblable à l’espace entre les passions qui se séparent, ainsi on peut apercevoir les fleurs de l’illumination)
16) Ari-no-tô-watari (Escalader la tour comme des fourmis)
C’est un endroit très délicat à franchir où il n’est pas recommandé de se laisser prendre par le vertige. On grimpe en effectuant le pas de coté avec le précipice sur la gauche. Il n’y a ni corde ni chaîne pour assurer une chute éventuelle, c’est quitte ou double ! Il faut commencer par avancer la jambe droite puis amener la gauche à la même hauteur par trois fois consécutives puis ensuite croiser la gauche par dessus la droite, mettre son poids sur l’extrémité des orteils droits et lancer sa jambe gauche au-dessus du piton rocheux. Pour franchir ce passage il faut, une fois parvenu en haut, assurer ses prises en saisissant la chaîne avec la main droite, en ayant passer le bras tout entier dans l’anneau en fer pour le remonter au niveau de l’épaule et se hisser en tirant sur la chaîne pour enjamber le piton avec sa jambe gauche, en la lançant haut et loin devant. Les mains sont en opposition sur le roc qui en 1995 s’est partiellement effrité…

Poème du Shugen:
"Sasa-fukami kiri kosu kusano asa tachté nabiki hazurau arinotowatari"
(Le brouillard s’élève des champs et de la terre, semblable aux fourmis, les pratiquants et bouddha ne font plus qu’un)
17) Byodo-iwa (le rocher d’égalité)
Les yamabushi lui donnent aussi d’autres noms : Nyôdô iwa, le rocher que l’on contourne ou Gyôdo-iwa. Avec un autre rocher semblable sur le parcours en redescendant vers la vallée de Zenki-guchi, ce Byodo-iwa reste l’épreuve la plus dangereuse. C’est de la varappe pure, avec un pas croisé technique à faire au-dessus d'un apic plus de cinquante mètres de vide dans le dos, sans autre assurance que ses mains et ses pieds. Dix heures de marche en montagne dans les jambes et plus de vingt épreuves passées dans la journée. Les quelques secondes au-dessus du vide semblent une éternité ! A présent pour des raisons de sécurité, on passe visage face à la paroi. Mais avant, on effectuait, ce pas croisé sur l’extrémité des orteils en se retournant face au vide en s'agrippant avec les talons. Les hauts dignitaires, comme les Révérends Miyagi Tainen et Nakamura connaissent ce pas face au vide pour l’avoir effectué au 20ième siècle. Je ne connais que ces deux personnes qui sont capables de passer face au vide ! Une fois franchi, on continue a grimper avec des chaînes qui mènent une petite matrice jusqu’au dernier numéro.
Trois Haïku du Shugen:
«Byodo iwa mawarité miréwa Ako taki no sutsuru inochi mo Fudo Kurikara »
(En tournant autour du rocher d’égalité, on aperçoit la cascade d'Ako, on dépose la vie aux pieds de Fudo-Kurikara)
« Gyodo iwa méguréba shitawa Akotaki no kokoro no uchiwa Fudo Kurikara »
(En faisant le tour du rocher de Gyodo, on aperçoit en bas la cascade d’Ako, notre esprit est Fudo-Kurikara)
«Gokuraku no uchi omo shirazu téokakété mui no Miyako-ni iruzo ureshi »
(Le paradis est au bout de mes mains, il fait froid à Kyoto, allégresse) à présent que les pratiquant possèdent la clée pour ouvrir les portes du paradis
(Esprit de Fudo), ils ressentent de la joie.
18) Motten-barai (couper la natte)
On a effectué les dix-huit épreuves avec succès. Auparavant, les shugenjas néophytes coupaient leurs cheveux longs car jusqu'à l'ère Meiji, les samouraïs et autres, exceptés les bonzes, portaient tous les cheveux longs. Ce rite est à rapprocher de celui de la tonsure chez les bouddhiques avant de rentrer en religion avant de se présenter au bouddha dans le monastère du Sanjo. A présent, on rappelle ce qui se passait à cet endroit (on ne rase plus les cheveux) et l’on ne fait plus qu’y lire les textes canoniques. Ensuite, on continue le sentier et on rentre dans le temple, en lui montrant notre côté droit, comme si on tournait autour du bouddha. Tous les yamabushi saluent le "Gyoja Secret" (hibustu-gyoja) et on fait le rite du feu à l’extérieur puis on rentre au gîte du Kizoin pour la seconde nuit du pèlerinage en montagne. Le lendemain, lever trois heures et départ à quatre heures!
Les poèmes nous racontent...
«Gokuraku no uchi wa tasoto koto toéba nanimo suzushiki matsu kazé no oto »
(Aller au paradis, quelle merveille d’entendre le son du vent dans les pins)
C’est une autre façon de dire qu’après s’être nettoyé dans les impuretés, l’esprit se sent joyeux !
«Daikuni yubu shitamau Birushana no koé niya aran matsu kazé no oto »
(Grand ciel, marcher, bouddha Vairocana, le vent est le sonde la voix de Vairocana en activité!)
« Amida butsu koé no suni kawa izukuyaran. Mina myô no hachi sunarikéri”
(D’où vient la voix merveilleuse et sublime enseignement d’Amida. Toutes ces lumières viennent du siège de lotus)
« Myô no hachi suno uéni nanikaharu ikutsuno tsukiwa histori hogaraka »
(Quelle lumière y a t il sur le siège de l’enseignement merveilleux, seulement le disque lunaire)
« Ini shié no otoké no oshié shikarinari, gyojano chikai fukaki yama no hachi »
(L’enseignement de bouddha existe depuis des temps imémoriaux, L’enseignement d’En-no-gyoja de la montagne du Lotus est très proche de cet enseignement original) Ici le Mt Sanjo est vu comme le Lotus aux mille pétales du bouddhisme
VIDEO 18 URA-GYOBA
Le "rocher spatial" d’où jaillit l'avatar Zaogongen est nommé Yushutsu-iwa / Uchuu-iwa ou Yushutsu-no-gataku, "rocher de l'espace"... Situé dans le champ de fleurs au sommet du Sanjo dans la clairière, ce rocher a engendré Zao-Gongen, Benzaiten et Jizo bosatsu. La tradition nous dit à ce propos que :
«Sur ce mont En-no-gyoja termina les quarante-deux ascèses et grimpant le rocher, regardant la roche du miroir. Il y vit son visage et comprit que de nombreux étaient les bouddhas qui venaient en ce lieu. Il affirma que cette montagne était celle du passé, du présent et de l’avenir. Et durant trente sept jours, il continua à prier. Au 17ième jour, de cette roche, apparut la déesse Benzaiten. Contemplant son visage angélique, trop jolie pour convertir les êtres dans la période sombre (mappo), il lui demanda de descendre en bas dans la vallée et elle devint la déesse Hamanogawa Benzaiten (la déesse Sarasvati de la voie lactée) du village de Tenkawa. Au 27ième jour, apparut le bodhisattva Jizo. Son visage était jeune et rayonnant de vie. En-no-gyoja lui dit en se fâchant, qu’avec cette apparence, il lui serait difficile de convertir les êtres et il le projeta dans la vallée en direction de Yoshino d’où le Nagé-Jizo ou "Jizo projetté" qui s’y trouve. Au 37ième jour, apparut la triade Dainichi-Sakyamuni-Amida en un seul corps, celui de Zao-Kongo; mais ce dernier jambe levée ne tint pas à rester sur la terre. En-no-gyoja le supplia néanmoins de rester le protecteur de cette montagne (Go-Honzon). Il est appelé Kongo Zao-Gongen ! Il est le symbole de l’unification de Yoshino-Kongokai et Kumano-Taizokai. Cette unité, c’est Dainichi. Pour le bouddha Amida, c’est le mont Ominé car c’est : Ichijo-Bodai, l’Ainsité du satori, La montagne-mère-originelle. Pour Sakyamuni, qui reste le bouddha du passé, c’est « Nyu-gaga-nyu » (je suis l’entrée, j’entre) ; ceci est la porte du Nirvana « Néan-mon ». De tous temps les fidèles qui sont passés par cette porte l’ont reconnu comme importante…. »
Waka du Shugen:
« Kono hodo ni inori no kanau koso tsumoréba gyono shirushinarikéri»
(Il suffit d’adresser des prières à cette chapelle pour que les ascèses réussissent)
«Nanigotomo inoeaba shojini kana ubéki otokéno wakuo miruni tsukétémo »
(De toutes façon, si vous priez avec l’esprit pur, tous les voeux seront exaucés par le bouddha qui vous regarde)
Poème de Saito sensei :
« Orogamédo otokéwa indésu yutsuiwa waga bono no kagé hodorunari »
(Je prie beaucoup le bouddha sur le rocher de l’espace, mais comme celui-ci ne vient pas, toutes les ombres des impuretés se réveillent en dansant)
Voici la tradition de ce que dit le temple Kimpusen à propos de la vision d’En-nogyoja sur le mont Sanjo :
«En-no-gyoja pratiquait les ascèses su le mont Sanjo, lorsque soudain une boule de lumière apparue, dansante et auréolée de mille lumières et senteurs merveilleuses. Le bouddha Sakyamuni au visage radieux se montra mais En-no-gyoja lui dit que son enseignement ne pouvait être appliqués car les humains résidaient dans « l’âge sombre » (Mappo) et qu’avec ce visage, on ne pouvait plus aider les fidèles. Il pria encore plus intensément, et c’est le bouddha aux mille mains et bras. Le bodhisattva Senju-kannon qui vint. Priant plus fort encore, ce fût le tour du bodhisattva Miroku-Daihi-Son, le Précieux Saint de compassion Maitreya. Il pria plus encore et la roche se mit à trembler, le ciel se remplit d’éclairs et surgit Kongo Zao. Son visage bleu-noir, à trois yeux, était courroucé. Il avait deux bras armés brandissant le fourreau et le foudre. Il portait la coiffe du foudre à trois pointes (Sanko-Hokkan). Sa main gauche faisant la mudra "Kei-in", maintenu à la hanche, pendant que la droite brandissait au-dessus de sa tête le vajra à trois pointes. La jambe droite reposait fermement sur le rocher, pendant qu’avec la jambe droite armée dans les cieux, s’apprêtant à frapper du talon, il menaçait les démons ! Ceci est la position guerrière pour contenir Akuma, les forces maléfiques du dieu-démon Mara. En-no-gyoja fût rempli d’allégresse à la vue de cette divinité de conversion et fit une statue avec le bois du rhododendron (Shaku-nagé) et construisit une chapelle octogonale qui devint le monastère du mont Sanjo (Sanjo-gataké). »
En passant devant le hall du monastère du mont Sanjo, à gauche avant de franchir la porte principale, se trouvait une petite tour de quelques mètres de haut qui abritaqit une cloche en bronze très célèbre dans le shugendo de l'autel dans le monastère. La première histoire me fût racontée par le moine Saito, qui la reçu lui même par tradition orale de la part d’un Sendatsu lorsqu’il était jeune au début du siècle passé :
« Un ermite itinérant qui voyageait à travers la préfecture de la ville de Shizuoka, aux pieds du mont Fuji, dans le district de Sawa. Au village de Harata, il arriva au temple Chofukuji d’obédience shingon, toujours en activité, dans la péninsule d’Izu. Il demanda l’aumône (osétai). Le responsable supérieur du temple lui fit répondre que tout le monde étant très occupé à fondre une cloche, ils n’avaient pas le temps de lui donner du riz ou des marrons. L’ascète lui répliqua que les dons n’étaient pas forcément de l’argent ou de la nourriture, que le coeur et l’esprit comptaient beaucoup ! Et l’ascète réitéra sa demande. Le supérieur répliqua en rigolant qu’il lui donnerait bien cette cloche, mais il doutait que l’ascète ne puisse la mettre dans sa besace pour l’emporter. L’ascète répondit que les objets lourds ou légers n’existaient que dans l’esprit de celui qui les concevait ainsi. Cela n’est pas important, lui répondit-il puis il le remercia. Il mit ensuite son grand bâton de marche dans l’anneau d’attache de la cloche, chaussa ses grands socques en bois (takkai-gétta), mit le tout sur son dos et s’en alla en faisant des grands bonds. Le prêtre surpris essaya de stopper l’ascète en vain qui s’était déjà envoler pour le mont Sanjo, où il déposa son fardeau à l’emplacement du ‘rocher de la cloche’. »



Shugen Kompon Dôjô, Omine Sanji monastery since 1.300 years ago...
Cette seconde histoire est tirée du dictionnaire japonais sur le shugendo (Shugendo-jiten)
« Proche du temple Chofukuji, résidait un pauvre yamabushi au coeur pur. Il croyait en En-no-gyoja et désirait ardemment faire les pratiques dans les monts Ominé. Le chef du temple, un vieux moine lui donna argent et nourriture nécessaires pour qu’il puisse effectuer ses pèlerinages annuels. Au bout de dix ans le vieux moine décéda et fût remplacé par un plus jeune qui n’avait que faire de poursuivre les oeuvres de son prédécesseur. Il dit au Yamabushi que s’il pouvait l’emporter, il lui donnerait bien la cloche de son temple. Le yamabushi très déçu s’en retourna chez lui. Dans la nuit, le yamabushi eût en rêve la vision d’un dieu portant barbe blanche, à l’apparence des anachorètes (Sennin) qui lui dit : « Ne vous inquiétez pas à propos de votre participation pour « l’entrée en montagne » ! Au petit matin, la cloche du Chofukuji avait disparu. Le jeûne responsable du temple et le yamabushi se rendirent ensemble sur le mont Ominé et sur la roche où demeurait la cloche. Le yamabushi put continuer a se rendre dans les monts Ominé et devint un excellent pratiquant ! »
Cette grosse cloche se trouve à présent dans le monatsère du mont Sanjo, à gauche de l'autel au fond...
La 3ième histoire à propos de la cloche sur le mont Sanjo
«Il y a 900 ans, un yamabushi resta une nuit au temple Chofukuji. Il parla avec le supérieur des Genkurabé (concours de pouvoirs) que faisaient fréquemment les yamabushi lorsqu’ils redescendaient de la montagne. Le yamabushi demanda à l’abbé, s’il pouvait prendre cette cloche de 700 ou 800 kgs au bout de son bâton. L’abbé ne le croyant pas, le mit au défi de le faire. Le yamabushi prit la cloche et s’envola dans les cieux. Apprenant que la cloche se trouvait au sommet du mont Ominé, nombreux sont les gens des villages voisins du Chofukuji à se rendre sur le mont Ominé, bien décider à reprendre la cloche. Mais la pente semblait recouverte d’huile. Ils glissaient et ne pouvant parvenir à la reprendre. Tous repartirent. On dit que ce yamabushi était Enno Gyoja. Ensuite le Chofukuji essaya par trois fois de fondre une cloche sans succès. Lorsqu’il y parvint, il y a 200 ans, le temple fût ravagé par un incendie et la cloche explosa sous la chaleur dégagée lors du sinistre. Ensuite, se rappelant que sa cloche demeurait sur le mont Ominé, le supérieur du temple décida de ne plus avoir de cloche!»
La cloche est symbole de prospérité pour les temples au Japon. Le temple shingon Chofukuji existe toujours dans la préfecture de Shizuoka, petite ville de Kaké-gawa.
Inside Omine Sanji monastery
A côté, à l'ouest du mont Sanjo, se trouve le mont Inamura-daké, c’est le mont réservé aux femmes, avec des histoires sur la mère d’En-no-gyoja. Le village de Dorogawa y a installé un gîte et des pratiques à faire au sommet, un mini itinéraire ponctué d’exercices internes! Il est tenu depuis des années dans la famille de monsieur Akaï propriètaire du Guest House SUIREIKAN dont le fils MASATO est un jeune peintre en devenir. On accède au mont Sanjo par quatre sentiers,. Celui du nord vient de Yoshino, celui de l’Est vient de la vallée d’Odaigahara, celui du Sud va vers Kumano, mais celui de l’Ouest passe par le Inamura-daké, le mont des femmes. La nuit, lorsque tout le monde dort, il n’est pas rare que des groupes de femmes résolument déterminées empruntes ce chemin nocturne pour venir prier, secrètement, sur le Mont Sanjo, bravant l’interdiction et trouvant les portes closes car les temples sont fermé la nuit au Japon!
Journée 21 juillet***
66) OZASA-NO-YADO, la refuge d'Ozasa
Attention aux ravins qui bordent,le sentier de crêtes. On passe le mont Jizo-daké pour arriver au bout de quarante cinq minutes de marche, pour des individus normaux (4 kms) car les ascètes mettent moitié de temps, à une petite chapelle et un endroit pour le rite du feu. Auparavant l’école Tozan-shugen du temple Sanpoin-Daigoji y avait trente six temples. Il n’y a plus rien, si ce n’est le dallage en pierre. Par le passé les deux écoles-mères du Shugendo se querellant, les yamabushi d’obédience Shingon établirent leur camp de base non pas sur le mont Sanjo mais à Ozasa. Ozasa était l’unique endroit avant où l’on pouvait trouver de l’eau sur le mont Sanjo et celle-ci coule encore abondamment. Eau pour boire et "eau lustrale" pour offrir aux bouddhas chaque matin. Les écoles Honzan et Tôzan trouvèrent des compromis... Tous les ans, le 8 juin, les yamabushi du temple Sambôin de Kyoto et Ryusenji du village de Dorogawa viennent y faire la grande cérémonie du feu à l'extérieur et offrir des lotus à En-nogyoja. Il y a des rochers mousseux qui sont très confortables agréables pour y dormir, à l’Est de la chapelle ! On y vénère aussi une statue du moine Shobo qui se trouve à gauche, sous la falaise en arrivant La divinité principale de cette chapelle est Fudo Myo.
Poèmes du moine Saito:
« Mata konto omowa no histono ozasa hara. Kiri yorishi géki waga namida kana, iyori sasu kusano makurani tomonaité sasano tsuyunimo yadoru tsukikanaé”
(Je souhaite revenir à Ozasa. Le nombre des larmes est plus important que les gouttes de rosée; la lumière de compassion est dans chaque goutte de rosée que contiennent les feuilles du bambou et dans lesquelles se reflète la lune). Par lune, il faut entendre le "cercle lunaire" (Gachirin*) de la lettre A, en trois dimensions, qui est assimilé aux milliers de gouttes de rosée.
«Onozukara nagaréni tatéshi chao sasagé ichono gyojani kuzuhisto amo sono taméni iyasaka étaru yumé arité miyama shimizu no otono mikasokéki »
Par ce court poème Saito sensei nous rappelle qu'à cet endroit, étaient dercernées les permissions officielles, car c’est ici que le moine Rigen Daishi mené par En-nogyoja lui fit rencontrer le Bodhisattva Ryuju (le saint indien Nagajurna) lors d'une "vision mystique". Ici demeure l’endroit pour prosterner son front devant les divinités suivantes : Daikoku-ten, Tamonten, Benzaiten, Kongo-Dôji (les enfants du vajra), Goma Sojo-Hondo (la divinité principale de l’oblation du feu, Foudo), Sonshi-Do (le Précieux maître du dojo, Jimpen) ; Gumonji-ryokai (la divinité des deux grands mandalas pour le rite du Gumonji, le bodhisattva Kokuzo, Seigneur de l’Espace), Dainichi-Sanjo-Ryusho (le précieux dragon du Sanjo, émanation de Dainichi).
Voici un poème à propos du dieu « Grand sombre », du Daikokuten d’Ozasa-noyado:
« Fuku toku wa kami no kokoro no nanarikéru yokuniwa idé no Daikoku no chushi »
(La vertu du bonheur est le nom de ce dieu et même si le marteau est mon bonheur, rien ne vient du marteau de Daikoku)
Voici un poème concernant la venue des yamabushi pour assister à la cérémonie du feu à Ozasa :
« Ochi kochi no histoya bodai no kazutsumité nao tanomi aru shokaku no jo »
Les yamabushi aiment la voie d'En-no-gyoja, qu’importe la distance, ils viennent de toutes parts. Pour briser l’ignorance, ils font le miné-iri qui leur indique la direction du satori, tout en répétant : Pénitence, purification de nos six sens (Zange-zangé-rokkon-shojo), pas à pas (ippo-ippo) ils parviennent au lieu de l’oblation du feu qui est nommé "le four" Shokaku, qui est le lieu d’éveil !
Une fois, Saïto sensei fût malade et ne put se rendre dans les monts Ominé au printemps. Alité, il écrivit ce poème :
"Hora no néni kokorowa asété Ominé no icho Otokéo ko iwataru nari …Ko iwararu ozasa no icho no miotokéwa yumé no manimani waréo izanao”
(Entendre le son de la conque et accourir par l’esprit…dans les délires de la fièvre, le Bouddha survint plusieurs fois pour me dire de venir)
A Ozasa-no-yado se trouve une très belle statue en bronze du moine Shôbô qui semble sourire. Il est considéré comme une incarnation du bodhisattva de compassion Nyoirin-Kannon (Kannon qui verse la Connaissance). Ce moine devint grand Archevêque du bouddhisme Shingon et du Shugen de l'école Tôzan. Il oeuvra beaucoup pour rénover le shugendo et ses sentiers de montagne concernant le mandala naturel.
Devant sa statue, il arrive que des yamabushi du Ryusenji lisent le poème suivant :
«Nigoro yono shujo sukû karagoromo honchi Nyoirin Kannon no jihi »
(Pour guider les fidèles dans ce monde confus, le bodhisattva Nyoirin-Kannon a changé d’apparence)
«Mada kondo omowa no histo no Ozasa hara tsuyu yori shigékiwa a namida kana”
(Tout en venant de Kumano, très fatigué, je souhaite revenir à Ozasa, les larmes de joie sont pareilles aux pluies de la mousson)
Les deux poèmes suivants sont de Saito sensei :
« Aruku no mi, tada aruku no mi, mono nabété méni todo marazu miné yuku warewa”
(Marcher, rien que toujours marcher…ne pas fermer les yeux, pas le temps d’apprécier la montagne, c’est ainsi)
Il l’est vrai, pour avoir parcouru cette montagne pour ma part aussi des centaines de fois, en long, large et travers, il est toujours recommandé de marcher en regardant les dangers du terrain, si bien que l’on doit passer des dizaines d’heures de marche, menton baisser pour voir le sol et il faut attendre que le terrain soit bien mémoriser pour commencer seulement à se redresser le buste...
« Tsuyu shigéki hicho ni senko no rei ari. kokoro sayakani goma shushimatsuru. Masashikumo wagamini, susuru goma naréya namida ni kasumu miotoké no kau »
(La rosée, les pluies de mousson sont importantes, de même il y a toujours des endroits secrets merveilleux pour offrir l’encens. L’esprit doit faire le rite de l’oblation du feu sacré de façon solennelle. Quant à la pratique de l’oblation du feu pour moi-même, mes yeux pleins de gouttes de pluie (larmes) ne permettent pas de voir le bouddha, mais je le ressens). Les gouttes de pluie des typhons, la rosée, les larmes sont ici des symboles exprimant le « sentiment de bénédiction divine » (Kaji ou Adhistana en scrt) très important dans l’ésotérisme bouddhique.
Un peu en contre bas, avant Ozasa-no-yado, se trouvait sur les pentes du Mt Sanjo, un autre endroit où était vénéré les trente-six Kongo-Dôji (36 enfants du vajra). Il y avait un gîte et un temple. L’endroit s’appelait : «kawa-ai-no-yado», un haiku y est rattaché : «Rokkon no gyakuto kiru oya sato suran kari no yado rini nani todomubéki » (les hôtes qui reçoivent l’enseignement sur les six organes des sens et comprennent que ce corps n’est qu’une location, pourquoi garder quelque chose). C’est l’endroit où En-no-gyoja avait projeté le bodhisattva Jizo. On marche ensuite durant deux kilomètres sur un sentier fort agréable. C’est le domaine des biches, daims, sangliers et ours (tsuki-no-waguma), ceux qui portent un V blanc sur l’encolure. On arrive ensuite à la porte sud du Nyonin-kékkai, marqué d’un portique en bois. Fini le terrain plat, la marche souple, on descend dans un vallon.
in august 2008, a strange Light during few minuts just before the South Gate...
65) AMIDAGA-MORI (la forêt du bouddha Amida)
C’est une forêt aérée sur un vallon, commençant au portique sud. Un endroit où se dresse un chêne très vieux près d’un tumulus de pierres et une mare où abondent des gros crapauds en été. C'est un arbre où l’on accrochait des tablettes votives (Ofuda) tous les ans! Il était donc maculé d’inscriptions japonaises, ce qui lui donnait un charme particulier, un peu magique. A présent , les yamabushis déposent ces tablettes votives au pied de l'arbre. « C'est un arbre pour les "sabbats" des sorcières les jours de pleine lune », ais-je pensé les premières fois où je me suis trouvé en sa présence. C’est un endroit reposant mais où les serpents abondent. De là, à trois cents mètres sur la droite, il y a un sentier qui monte de la vallée du village de Kashiwagi. Le sentier se poursuit par de petits vallons. Le chemin, que recouvrent les herbes hautes, est dangereux car ses détours longent les falaises avec des ravins de cent mètres. A un kilomètre de là, se trouvent d'anciennes ruines que la mousse à recouvert et près desquels les yamabushi font une brève halte pour se désaltérer ! C’est le n°64.
64) WAKI-NO-YADO (la hutte de l'aisselle)
A un kilomètre du N°65, à cause des bambous nains qui s’y trouvent encore, il fût longtemps appelé Sasa-no-yado. Quelques ruines se trouvent un peu à l’écart du chemin, au-dessus de la falaise, le temps pour le responsable d’aller y déposer les tablettes votives dans une niche au-dessus d’une falaise qui donne sur la grotte de Shô ! Les autres yamabushi en profitent pour se désaltérer avant un passage étroit et délicat qu’il faudra emprunter pour se rendre sur l’autre montagne. C’est un endroit encore enneigé jusqu’à la mi-mai. On y rencontre quelques fois des sangliers. Auparavant, d’Ozasa jusqu’ici, il était interdit d’ouvrir la bouche, si ce n’est pour les prières. Les yamabushi faisait l’ascèse du silence" mugo-no-gyo".
Poème ancien du Shugen:
«Shiku wakaré Ozasa no tsuyuni yôkomété waki no yado ni wa nokoru tsuki kagé »
(Lorsque l’on quitte la rosée d’Ozasa, à Waki-no-yado, on peut apercevoir l'ombre de la lune dans le restant des gouttes)
On passe deux goulets et on débouche sur un petit mont : le Ko-Fugen-daké, une trouée pour voir sur la montagne en face et cette toute proche du mont du bodhisattva Fugen (Samanthabarda en scrt). On y laisse une tablette votive et l’on continue à suivre le sentier, passant parfois par des endroits délicats jusqu’au n° 63. Il y a ensuite à cinq de marche, un passage délicat faisant face au Grand Mont Dai Fugen-daké.
the halte of Wakki
63) KÔ-FUGEN-NO-YADO (la hutte du Fugen) Du Ko-Fugen, on aperçoit au loin le sommet de la crête du Mt Sanjo...
35 minutes du 64. A mi pente du sommet du mont Fugen se trouve cet arrêt. A gauche, le chemin bifurque pour redescendre par une pente raide, parfois semée d'échelles en fer, jusqu’aux cavernes de l’aigle (washi-no-iwaya) et de la flûte céleste (Shô-no-iwaya). Cette halte se trouve à deux kilomètres du 64. A droite le sentier continue jusqu’au sommet et derrière se dévoile le mont Sanjo majestueux. Le mont Fugen portait le nom de « montagne aux nuages violets » (Shisuin-zan). Avant il y avait un gîte qui n’existe plus à présent. En direction de la vallée, En-no-gyoja y enferma un sutra du lotus dans une cache en pierre.
Poème du shugen:
« Miné to oshi fushi ogami yuku tani kasé ni fugen no chikai tanomoshiki kana »
(Faire les déambulations dans la montagne à la recherche du satori,est un long chemin, le vent qui souffle dans la vallée est semblable à celui des passions qui s’en va, le vœu de Fugen est transcendant)
Dans le sutra « des guirlandes de fleurs » de l’école Kégon, le maître Zenzai Doshi raconte comment il reçu l’enseignement du bodhisattva Fugen (Samanthabarda) après avoir prier le bouddha aux quarante trois places saintes. Il est écrit dans le sutra de Fugen Bosatsu que tous les êtres possèdent l’état adamantin (Jobodai-Shin) et explique quelles sont les voeux de Fugen qui lie ce dernier aux hommes. Sur l’entée du chemin bouddhique, Fugen est celui qui aide à faire les premiers pas. Il est représenté dans l’iconographie chevauchant sur le dos d’un éléphant alors que le boddhisattva Monju, son acolyte dans la triade du boddhisttava Kannon
(Avalokiteshvara en scrt), Manjusri en scrt, lui chevauche sur le dos d'un lion!
Les 10 voeux du bodhisattva Fugen (Samanthabarda)
- Il enseigne comment respecter et vénérer tous les bouddha
- Il enseigne comment chanter la grâce du bouddha
- Il montre comment faire les offrandes à tous
- Pour ceux qui font pénitence, il prend sur lui les crimes issus du karma
- Il favorise le bonheur en développant la réception des mérites
- Son souhait est la protection de la « roue de la Loi » (Temporin)
- Il fait le voeu pour qu’un bouddha surgisse en ce monde
- Il protège pour toujours on puisse suivre et étudier l’enseignement de bouddha
- Il regarde toujours dans la direction des fidèles
- Il est le gardien du transfert des mérites pour tous
Voici une histoire à propos de cet endroit:
«A la fin de l’époque Heian, du mont de Fugen jusqu’au hall de Zao sur le mont Sanjo, un grand éclair surgit dans le ciel. Un moine qui vivait dans la chapelle fût surpris ey s’interrogea sur ce signe. Il suivit cette ligne lumineuse jusqu’au mont de Fugen. Il y trouva huit exemplaires du sutra du lotus (8 parchemins en rouleaux) écrits de la main d’En-no-gyoja qui sortaient de la roche du mont Fugen. Ces textes rayonnaient de cent feux. Il fit des rites de protection, les prit et les emmena dans la chapelle de Zao. Un jour le ciel s’assombrit et ce fut la nuit . Une pluie de neige noire s’abattit, ainsi qu’un éclair. Lorsque tout redevint normal quelques minutes plus tard, les textes avaient disparus. Le moine pensa que le dieu-dragon (Ryujin) les avait ramenés au ciel.»
Poème du shugen:
« Ko-Fugen daké ni ikoéba ara arashi yama no takébi kumo ashirasu »
(Me rendant au Petit mont de Fugen, la voix de la tempête fit courir les nuages)
62) SHÔ-no-IWAYA (La caverne de la grotte de la flûte céleste). C’est une caverne qui se trouve versant sud-ouest derrière le mont de Fugen, sur un sentier abrupte qui mène au gîte de Wasamata. Elle se trouve à trente minutes de marche du N° 63. Célèbre lieu de retraite d’ermites et de moines japonais connus comme En-no-gyoja, Sugiwara Michizané (poète qui fût divinisé plus tard sous le nom du dieu shinto Kita Tenjin Tenmangu, devenu le protecteur des études, car c’était un des cinq plus grands calligraphes du Japon), les moines Nichizo (Doken de son premier nom de moine bouddhiste lorsqu'il prit la tonsure) et Gyoson (célèbre pour les poèmes qu’il laissa), Saigyo Hoshi, le Saint Jitsukaga, etc…Sur trois kilomètres, le chemin est très raide. La descente est dangereuse et la montée dans l'autre sens, plus qu’éprouvante. Il faut quarante cinq minutes pour monter de la grotte de Shô jusqu’à Waki-no-shuku, ce qui fait dire aux ascètes que la porte d’entrée du bodhisattva Fugen est dure à passer mais qu’une fois franchie, elle est sûre ! Dans les pratiques ésotériques, les rites préliminaires concernant les bodhisattva Fugen et Monju (Samantabardha et Manjusri) sont importants.
Dans le dictionnaire du Shugendo (shugendo daijiten), il est écrit à propos de la caverne de Shô : "Elle était souvent le lieu de retraite des « Misoka-yamabushi »", les yamabushi qui passent le jour de l’an en retraite, dans la neige et le froid ! Vu les températures extrêmes en hiver, située à 1400 mètres d’altitude, orientée vers les dépressions en provenance de l'océan pacifique, au sud-ouest, beaucoup de neige en hiver, jusqu’à plusieurs mètres, ces « Misoka-yamabushi » étaient considérés par l‘ensemble du shugendo comme des êtres d’une robustesse exceptionnelle. "Il y a plus de 900 années, le moine saint Nichizo, âgé de douze ans seulement, se rendit sur le mont Kimbusen (Kinpusen) pour y devenir moine (Sukké-Hoshimon-Chizanji). Puis il fit l’ascèse dans la caverne de Shô et y rencontra Zao-Gongen qui lui dit que sa vie pouvait être rallongée s’il changeait son nom de moine Doken pour celui de Nichizo. Il y rencontra en vision l’esprit de Sugiwara Michizané devenu le dieu Kita Tenmangu et vit l’empereur Daigo qui brûlait en enfers".
Voici le poème du saint homme Nichizo Shonin qu'il écrivit lors de son ascèse dans la caverne de Shô. Pour moi qui y suit resté 100 jours durant en y pratiquant l'ascèses, il illustre le mieux l'esprit dans lequel se trouvent les individus lorsqu'ils y font une longue retraite...Bon nombre de pratiquantes émérites viennent y faire une retraite de 7 jours...
« Séki bakuno koké no iwaya no shizuké sani namida no amé no fura no hizo naki”
(Tous les jours dans la solitude, avec seule compagne la mousse de la caverne, nombreuses sont les larmes du bouddha Amida)
Une mousse de couleur verte millénaire en tapisse la voûte. Avec son ouverture face aux intempéries les pluies des typhons s’engouffrent dedans sans ménagement. Les eaux de pluie et d’infiltration font que l’eau coule de la voûte, même en été, d’où un taux d’humidité extrême de 100% Avec une altitude où la température est relativement fraîche la nuit. C’est un endroit d’ascèse redoutable. Sont-ce les propres larmes de Nichizo (dues à la sévérité de l’épreuve), ou bien les gouttes d’eau qui suintant de la voûte? Toujours est-il qu’en direction de l’Ouest, c’est bien du bouddha Amida qu’il s’agit. Le moine Gyoson Dai-sojo était le fils d’un personnage historique célèbre dans le Japon médiéval Minamoto-no-Motohira.
L'Archevêque Gyoson, né en 1054, mort à 81 ans, à l’époque on mourait jeune vers les quarante ans, devint moine tardivement, à l’age de vingt ans. Il étudia les trois écoles bouddhiques de Nara, Kégon, Hossho et Ritsu. Il adorait les pèlerinages et particulièrement ceux dans les montagnes de l’Ominé, Katsuragi et de Kumano. Il est connu pour avoir eu recourt à des jeunes femmes, des vestales (miko-san) pour ses oracles.
Poème de l’archevêque Gyoson, lors de sa retraite à la caverne de Shô :
« Kusa no iyori nani tsuyu késhito omoi ken morano iwamo sodéwa nurékéri »
(Dans la maison de végétal, la rosée est partout, il n’y a pas d’orifice au plafond et pourtant mes manches sont trempées)
Le maître Saigyo Hôshi y réalisa ce poème :
« Koyo-i-koso, kolomo-mo atsuki kolomochi shité arashi no otô oyosoni kiku kana »
(Mon vêtement est trempé, comme mon esprit emplit de la compassion du bouddha, au dehors gronde la tempête, mais que cela me semble loin…)
Le maître Saigyo devait être en méditation profonde pour ne pas ressentir la tempête, car la caverne, peu profonde, protège très mal des pluies diluviennes des typhons. Au 20ième siècle seules quatre religieux ont tenté et réussit la triple ascèse des cent jours dans la caverne de Shô, avec déambulations quotidiennes en récitant des mantra (Hyakunichi komorukaihogyo): Le révérend Yanagi du temple Noten de Yoshino, le moine Kando* du temple Kimpusen, mon maître d'ascèses, le supérieur du temple Kizoin, le Révérend Nakai et moi-même. J'y ai rédigé trois cahiers de notes que je n'ai pu lire à nouveau que douze années après les avoir rédigés, tellement cette ascèse fût éprouvante, "Journal d’un voyage en enfers » (Jigoku-tabi-no-niki)... Dans cette caverne, il y a une statue d’En-no-gyoja et un Fudo Myo en pierre.
Dans le même secteur se trouve aussi «La caverne du soleil levant » (Asahi-no-iwaya, plus en contrebas que Shô en direction de Wasamata) et celle de l’aigle (Washi-no-iwaya, un peu plus haute sur le sentier). Celle de l’aigle est l'endroit où En-no-gyoja convertit les deux démons Zenki et Goki qui devinrent ensuite ses disciples. Les aigles royaux en grand nombre à cette époque à cet endroit ont à présent migré vers les roches de Goku Rakkan du refuge de Jinsen.
DIAPORAMA from mount Sanjo to Wasamata lodge house
C’est souvent par le chemin du gîte de Wasamata, passant devant la caverne de Shô et qui rejoint le mont de Fugen, que les femmes rejoignent les hommes, après avoir contourné le mont Sanjo et que le groupe se reforme vers le n°58.
Nuit à WASAMATA
VIDEO from mount Sanjo to Wasamata lodge house.
Journée 22 juillet****
On refait la dure montée du Mt Fugen par la caverne de Shô (1 heure)
61) MIROKU-DAKE (le mont du bouddha Miroku-Maitreya)
A environ un kilomètre de marche du mont Fugen, en continuant le chemin des crêtes, c’est un endroit difficile nommé «Miroku-no-yoko-gaké » (Miroku, la montée en travers, de coté).
Sur le mont de Miroku, il y a un autre endroit délicat, nommé Satsuma-korogi. On raconte que le seigneur du clan de Satsuma, au sud de l’île de Kyushu, lorsqu’il vint en pèlerinage à l’Ominé, glissa à cet endroit. Une autre place est nommée Naiji-otoshi ou Uchi-samourai ! C’était l’endroit que choisissaient certains yamabushi exténués par le miné-iri, pour se suicider en se jetant dans le vide afin de ne pas ralentir le groupe. C’est possible que ce soit aussi un endroit où l’on se débarrassait des "indésirables" qui avaient pu se glisser parmi les rangs.
C’est à cet endroit, lors de mon premier pèlerinage avec les yamabushi du temple Shôgôin en 1989, que j’ai commencé à ressentir de fortes douleurs dans tout le corps!
Poème de Saito sensei :
«Taniko to yuwa kibishi kumo hônaréba miyo tani nagu yamabushi awaré»
(Quelle loi sévère que celle qui oblige à plonger dans la vallée, tristesse des yamabushi)
60) CHIGO-DOMARI (halte de Chigo)
C’est un petit terrain dégagé sur le chemin de crêtes, avec de l’herbe. On y trouve une statue de Kongo-dôji, enfant de la classe de vajra, acolyte du bouddha Fudo. A cet endroit demeuraient sept petits lacs, aujourd’hui asséchés. Il se trouve à cent minutes à pied du mont de Fugen.
Poème de Saito Sensei
« Chiko domari ikoéba yasashi shiba-kusa no kazé ni soyogité koni tachi ni kéri, oinaru yama futo koroni idakarété ôni manda no nyu moi no méri »
(A Chiko-tomari, le vent apporte les douces et agréables effluves de l’herbe ; la montagne est grande et nous enveloppe ; peu à peu nous obtenons l’enseignement bouddhique comme on baratte le lait pour l’obtention du beurre, c’est la meilleure façon.)
A propos des 7 lacs recouverts d’herbes maintenant et qui se trouvaient sur la gauche, lorsque l’on est face à la statue, la première histoire raconte qu’En-no-gyoja se rendant pour la première fois dans les monts Ominé y trouva un grand serpent qu’il subjugua et jeta dans ces lacs. La seconde mentionne la même histoire, mais cette fois avec le maître Rigen lorsqu’il réalisait l’itinéraire en sens inverse. Ces lacs sont liés aux mythologies du serpent qui créé des problèmes et posent des entraves sur le chemin, peut-être les religions autochtones.
Poème de Saito Sensei :
«Nana-tsu iké imawa karéaté kusa fukami furishi kai iyo kokoni tsutaoru »
(Des 7 lacs asséchés, de hautes herbes s’y trouvent à présent qui parlent d’histoires fantastiques)
Lors du pèlerinage, on y prend son déjeuner matinal (obento fait de boules de riz) car il est environ 7 heures à cet endroit.
59) SHICHI-YÔ-DAKE ( la montagne des 7 jours de la semaine)
C’est un endroit très délicat depuis le moyen âge, au point que les yamabushi lui ont donné cet autre surnom «Nembutsu-Bashi », le pont de la prière Nembutsu; faisant allusion à la prière adressée au bouddha Amida, qui règne sur les paradis des défunts, dans les terres de l’Ouest. Lorsque l’on franchit cet endroit, on doit dire : «Namu Amida Bustsu » Adoration au bouddha Amida.
2011
1989 at Nembutsu bridge with Gomonshu Miyagi
Poèmes de Saito Sensei :
« Kuni minaru nembutsu bashini iko no mité ; tani yuku kumo ni ashi na énikéri. »
(Etre saisit d’effroi en regardant le pont du Nembutsu à cet endroit ; les nuages qui vont dans la vallée me rendent les jambes mortes)
"Séséra géni koé ari ishi no kokoro ari ; Haku-un yuyuso ten oiku"
(La voix des eaux, la pierre de l’esprit, les nuages blancs surgissent et semblent aller dans le bleu du ciel)
Un poème ancien dit ceci:
« Aré mo mata mizu no saga kai okaga oité miné ni nagaru ruhito ira no kumo »
(Par les pluies, l’eau des nuages retourne à l’eau de la terre ; la montagne la reçoit et la garde ; les pierres la filtrent pour la purifier, ainsi que la mousse pour la redonner à la terre).
Auparavant les shugenjas faisait des fêtes religieuses (matsuri) pour rendre hommage aux divinités de l’eau comme Benzai-ten, Ryujin et Suiten (eaux du ciel), commémorant ainsi le cycle de l’eau. A présent, cela est différent, fait remarquer Saito sensei.
Nenbutsu bridge july 2011
58) GYOJA-GAERI (l’endroit où En-no-gyoja rebroussa chemin) (si pluie filet d'eau)
Se trouve à environ 1h 40 minutes du n°60! C'est l'ascension à ce sommet par la falaise qui fit rebrousser chemin à En-no-Gyoja! Le sommet se nomme « le pic du sabre » (Kengataké). En fait à présent, dans le sens nord-sud, durant plus de vingt minutes, on descend des escaliers faits de poutres en bois ou en fer, longeant un canyon. S'il a plu quelques jours avant, ici on peut trouver un mince ruissellement d’eau pour y remplir ses gourdes. Après le n°62, c’est l’unique point d’eau, sinon il faut patienter jusqu’à l’arrivée au mont de Misen, en fin de journée. Si l’eau ne coule pas les yamabushi ont quelques trucs : Regarder le sens de l’écoulement de l’eau puis creuser ou bien briser les plantes qui retiennent l’eau…
Un homme construisit une superbe hutte une année qui fut détruite l’année suivante; "aucun yamabushi ne ferait cela" remarque Saïto Sensei. "En montagne, à présent, il n’y a pas que des yamabushi", me dit-il....
On y vénère les « huit grands enfants du Vajra », acolytes de Fudo-Myo (Hachi-dai Kongo-dôji). Ce canyon voit à présent ses échelles en bois accrochées à la paroi, on comprend qu’en venant de l’autre sens, tombant sur un à pic, les ermites aient rebroussé chemin!
57) ICHI-NO-TAWA (la première crête)
Avant il y avait de l’eau, on y prie l’un des assesseurs du vajra Sosei Kongo Dôji.
A 70 minutes du n°58, Saito sensei y a écrit :
«Onézu no tôu madarani zashiya sho itotsu kumazasa no uéo ukité tatayou »
(La lumière des rayons du soleil filtre à travers les branches, un papillon flotte au-dessus des bambous)
«Shakujo no hibiki sayakani ibikai ité kenja rashi yukyuto tawa otachi yuku »
(Le ronflement du sistre est clairement perçu, les shugenja s’en vont à la première crête)
Ces deux poèmes indiquent clairement que le miné-iri est devenu un chemin de crêtes avec un sous bois avec un sol moins accidenté, comme avant pour «Waki-no-shuku» au n°64. Certainement que les shugenja s’y sont reposés puisque le ronflement du bâton à anneaux y est mentionné.
56) SEKIKYU-NO-YADO (halte de la pierre du repos)
Il existe un chemin qui part de la caverne de Jimpen (autre nom pour la caverne de Shô) qui passe par le n°58 en bas et qui débouche au n°56, évitant les crêtes.
On se trouve à présent devant le mont Misen, le mont Suméru de la mythologie indienne (l’axe du monde), qui est la seconde plus haute montagne dans la péninsule de Kii, mais celle où se trouve un refuge afin d'y passer la nuit. Mais ni douche ni bain ni eau même pour se laver, car l'eau est si pécieuse ici qu'elle n'est utilisé que pour boire et cuisiner. Les orages s’accrochent souvent à cette montagne. Il y pleut presque tous les jours en été, et c'est leau de pluie qui est récupérée !

55) SHOBO-HACHO ou KOBASEI-YADO (la pente du maître Rigen ou le refuge de l’archevêque Kobasei)
C’est le début de la montée du mont Misen. Il s’y trouve une statue du moine Shôbô (d’où le nom de cette montée) qu’il faut éviter de toucher sinon la pluie vient indique la tradition. Une fois que les guides ont donné les explications de ce site, il y a souvent malheureusement un néophyte, qui à l’abri des regards des autres, touche la statue, donc il se met ensuite à pleuvoir… Il y pleut généralement tous les jours car le pèlerinage du temple Shôgôin se déroule à la saison des typhons en septembre. Mais pour nous qui avions décidé de le faire durant la troisième semaine de Juillet, à un moment où normalement il n'y a aucun typhon, nous avons eu droit en pleine montagne au 6ème typhon de l'année: le changement climatique se fait ressentir même au Japon...
Il y a deux histoires dans la tradition de l’école Honzan à propos de ce lieu : "un prêtre du nom de Kobasei de la ville d'Ida dans la préfecture de Gifu (en limite des Alpes Japonaises, à cent kilomètres au nord-est de la ville de Nagoya), voulait devenir Archevêque. L’empereur s’y opposa et Kobasei lui jeta un sort!" L’autre histoire raconte qu’un archevêque du shugendo : "Kobasei Sôjô y avait sa tombe ici ainsi qu’une statue en bois le représentant. Il n’y a plus ni l’une ni l’autre à présent!"
Poème de Saïto Sensei
«Wage Soshi wa bikuni shiarédo tsurugi obi shugen no michi oiraki tamaéru. Amé otsuki tadoritsuki taru Kobaseio no muné otsuki sémaru Shobo hacho. Deinei ni kokétsu marobitsu ita noboru Shobo hacho, amé-yamé-tamé »
(Mon jeune maître était un moine qui portait le glaive droit et ouvrait la voie du Shugen. Une pluie frappante oppressait la poitrine de Kobansei sur la montée étroite de Shôbô. Grimper "Shôbô hacho" avec la tête pleine d’eau; faites que la pluie cesse). Cette dernière phrase : « deinei ni kokétsu marobitsu ita noboru Shobo, amé Yamé Tamaé ! » indique très clairement que le sentier était (est) toujours très glissant et que le fait de glisser ici ne date pas d’hier. Un diton raconte qu’à 20 ans, il faut 20 minutes pour parvenir en haut, à 40 ans, il faut 40 minutes, à 60 ans, il faut une heure. Le dicton s’arrête à 60, cela voudrait-il dire qu’arrivé à 70 ans, il faille renoncer à grimper dans les monts Ominé ? Cela doit sûrement être vrai puisque tous les dignitaires du Shugendô arrêtent d’aller en montagne vers cet âge...
GO GO go alone to the summit: Yamabushi race!
18 years old=18 minuts, 30 years old=30 minuts... over 60 minuts, necessarry to stop the pilgrimage here...
54) MIE-SEN (le mont Mérou ou Sumérou)
Altitude 1895 mètres, c’est le second plus haut sommet de la région qui va de Nara à Kumano. On y trouve un grand refuge, refait à neuf il y a quelques années. Tout au sommet se trouve le sanctuaire profond (Oku-no-in) du temple dédié à Hamakawa-Benzaiten (déesse des arts) du village de Tenkawa. Le pic est dégagé, avec une vue claire jusqu’à Osaka par temps ensoleillé! C’est la déesse qui apporte l’eau au dieu du sol, Mikumari. Lorsqu’En-no-gyoja fit sa retraite sur le mont Sanjo, c’est elle qui lui apparut la première. Après sa répudiation par En-no-gyoja, elle établit son refuge ici. Au sommet se trouve une dalle en pierre plate appellée "Pierre de la posture correcte" (zazen-ishi) et un endroit dégagé pour les pratiquants depuis des siècles (gyoja-sugata-miké) d’où ils étaient censés apercevoir leur maison, dans le lointain, vers la ville d’Osaka…. Ici les néophytes doivent demander aux anciens pour prendre l’eau de source car elle ne sert qu’a être bu ou pour la cuisine. Par manque d’eau, personne n’est autorisé à se laver. Depuis le moyen-âge les yamabushi n’enfreignent pas cette loi de peur de voir se tarir la réserve de la petite mare qui se trouve derrière le refuge. Le 16 juillet, tous les ans, il y a un festival des fleurs pour la déesse Benzaiten.
Poème ancien du shugen:
« Yobo tô nagaruru kirini tatazu nité genshi no koé o miné ni kiki iru bubo stsu enzashita ma ou miné naréba misen toyuni fukaki yuéari kuroguro to ukabéruminé no tsuki ya karé ni furi tamaéya. Eko bosatsu tenku ni kagayaku tsuki ni namu kaité muné no uchi naru otoké omou »
(Dans l’épais brouillard, pour écouter la voie ancienne de la montagne au sein de laquelle se côtoient Bouddhas et Bodhisattvas. Dans le mot de Misen (mont Mérou) se trouve un enseignement profond et secret. S’il vous plait, que Géko-Bosatsu, (Boddhisattva de la Lune) vienne avec la lune dans un endroit illuminé, pour apercevoir la lune dans le ciel et le Bouddha dans le coeur)
L’enseignement secret dont il est clairement fait mention ici est la cosmogonie de l’axe du monde et la méditation sur le disque lunaire (Gachirin-kan) qui mène à l’autre stade méditatif : La méditation sur les lettres sanscrites, Bonji-kannen ou Bongo-meiso. C’est ici que les yamabushi passent leur troisième nuit du pèlerinage. C’est au sommet de cette montagne, (ne sachant rien à l’époque du symbolisme des 75 stations, lors de mon premier « miné-iri») que je suis tombé d’inanition due à la fatigue. Durant quelques minutes (les sendatsu me le racontèrent ensuite) tout le monde a craint le pire, car on ne pouvait trouver mon pouls et j’étais très pâle sans battements cardiaques audibles. Je pense qu’ici, sur la montagne de l’Axis-Mundis, j’ai fait ma première expérience de la « petite mort » ! On dit qu’il en faut 7 dans une vie si l’on espère devenir un bouddha ! Il est à noter que chaque « petites morts » ont l’air de rythmer les phases importantes de la Vie…
DIAPORAMA / VIDEO from Wasamata to mount Miesen
Photograph Masahi FUJIMOTO 2008
Shomudo-An Okugake 2011
(Nuit à Miesen)
Journée 23 juillet (samedi) *****
(L'Ascension de la montagne intérieure)
DEPARTURE 4:00 am
53) CHOSEN-GATAKE ( le mont de la Corée)
Il se trouve à trois kilomètres du Mt Misen au nord, sur le sentier qui mène au village de Dorogawa. A présent lors du pélerinage par manque de temps, on se s’y rend plus. On salue le mont de loin. On fait donc « yohai-maéri » (prières de loin). Notons au passage que c’est intéressant de trouver une montagne qui depuis des temps immémoriaux porte le nom de «montagne de la Corée», quand on connaît la filiation de la famille Kamo d'où est issu En-no-Gyoja avec le "Pays du matin calme"... Placer cette montagne près de celle symbolisant l’axe du monde est peut être aussi un clin d'oeil des anciens?
52) KOKON YADO (halte d’antan et de maintenant)
Il se trouve au pieds des monts Misen et Chosen, on ne le grimpe plus car sa direction est trop au nord et que le chemin du pèlerinage, après Misen, va dans la direction du Sud. On fait « yohai maéri ».
51) HAKKYO-GATAKE ou Bukkyo-gataké
(le mont des 8 sutras ou le mont de l’enseignement bouddhique)
C’est le plus haut sommet de la région avec 1914,9m. Orienté Sud, seulement une dizaine personnes peuvent tenir sur la petite esplanade à son sommet. Au petit matin, à l’aube, on a une vue magnifique sur tout le massif des monts Ominé. On raconte qu’En-no-gyoja y enferma un des huit sutras du Lotus de la Bonne Loi. Une stèle en pierre représentant Fudo s’y trouve et c’est vers elle que se tournent tous les yamabushi pour faire « otsutomé », terme japonais signifiant « travailler », c'est à dire, réciter les textes sacrés.




Haïku du shugen:
«Hada ni shimu kiri fukakérédo iwani zashi bodai no moné ni raigô matsu. Arémo mata oyoké narazuya kakayoité miné ni wa kitatsu nana iro no kumo tamayurawa iki otodomété oétsu no sono zékyô kami shimété kéri »
(La brume est si épaisse qu’elle en traverse ma peau, assis sur le rocher j’attends "l’illumination du pèlerinage" (lever du soleil). Attendant les lueurs de l’aube, tout est bouddha. Près des montagnes habitent les nuages aux sept couleurs ; j’en ai le souffle coupé. Je ressens la joie du bouddha ; ma voix voudrait sortir mais mes dents la retiennent dans mon esprit)
Cette brume, c’est le brouillard matinal, très épais vu le taux d’humidité. La vue sur l’ensemble du massif fait s’extasier tous les yamabushi. Les nuages aux 7 couleurs bouddhiques sont les nuages éclairés par les rayons du soleil levant. La voix qui ne peut sortir, retenue par les dents, indique qu’il fait froid quand même à l’aube durant l’été...
50) MYOJO-GATAKE (Le mont de l’étoile de Vénus ou Mt de l'étoile de l’aube)
Le nom ancien de cette montagne est Mizu-no-moto-zan (montagne de l’origine de l’eau). Sur cette montagne se trouve des fleurs blanches, une variété de camélias sauvages très rare, dans des arbustes bas qui sont classées : Monument naturel et Trésor national, car au Japon, on ne les trouve plus qu’en cet endroit les «Oyama-rengé », les lotus de la grande montagne. Elles fleurissent en juillet et les randonneurs viennent de tout le Japon pour les contempler. Ils couchent dans le gîte de montagne de Misen puis viennent le lendemain matin, profitant de l’aube sur le mont Buccho-gataké, pour voir les fleurs sur le mont de Vénus. Près de ce lieu se trouve la vallée de l’enfer (Jigoku-dani). Si l’on descend dans cette vallée, on ne peut en revenir vivant ! Donc on contourne le mont par l’Ouest et l’on fait « yohai-maéri » pour le n°49.
49) KIKU NO IWAYA (caverne des chrysanthèmes)
Dans le « Shugen-hoiten », "livre sur les transmissions secrètes du shugen", il est écrit : « Que le premier disciple d’En-no-gyoja, En-no-Yoshimoto écrivit l’histoire de son maître sur les murs de la paroi avec du charbon de bois. Si quelqu’un trouve la grotte fortuitement, il devra réécrire le message pour les générations futurs ». C’est l’endroit le plus secret du pèlerinage, celui où l’on ne va jamais mais qui contient la première trace indélébile du passage d’En-no-gyoja sur cette terre et de la profondeur de l’enseignement du Shugen. Je savais que tous les archevêques du shugendo, de toutes les écoles de l’Ominé connaissaient son emplacement. Lorsque je me suis mis à la rechercher, durant des années, plusieurs mois par an, je commençais par me documenter et demandais l’emplacement aux dignitaires. J’ai toujours essuyé des refus et lorsque j’ai su comment trouvé l’endroit à la suite d’un rêve lors de ma retraite dans la caverne de Shô, après m’y être rendu, j’ai su pourquoi cet endroit magique et magnifique devait resté secret ... Pour respecter le sceau du secret, je n’ai pas pris de photos, mais j’ai gardé en mon coeur, cette image magnifique un soir de pleine lune, "d’une voûte céleste" parsemée des milliers de galaxies luisant dans la pénombre car cette caverne est tapissé d'amonites, ces nautiles fossilisés ! Kiku signifie qu'il y a deux entrées possibles...
48) ZENSHI-NO-MORI (la forêt des maîtres Zen)
Cette forêt, à flanc de montagne, est nommée ainsi car Kenzô Doshi, maître de zen, y fût appelé en rêve par le moine Rigen Daishi pour y faire Zazen. Sa statue est là, ainsi qu'une dalle de pierre plate nommée « Pierre de zazen » (zazen-ishi) ! De nombreux arbres, déracinés par les typhons successifs, gisent là, couchés sur le coté. Est-ce une allusion à l’évolution de la doctrine ?
Poème de Saito sensei :
« Chimi Aku ja kagen no Maô shirizokéshi gyoja no mani no jihi fukasa yo »
(Ici nombreux sont les arbres écroulés (tels des serpents), les ascètes chassent les démons de Maô (Mara en scrt, l’illusion), je ressens la profondeur de la compassion des pratiquants).

Les gyoja femmes, Révérend Shibata au premier plan au centre
avec à droite les photographes Masahi Fujimoto et Pierre Simon Iwao
47) GOKO-REI (le mont du sceptre à cinq branches)
Le sentier du pèlerinage passe par cette crête. C’est l’endroit des cinq sagesses du bouddha cosmique. Comme à tous les 75 arrêts sur le parcours, les yamabushi en tête du pèlerinage s’arrêtent pour y déposer une tablette votive. Cette planchette comprend la date, le nom de l’école du shugen, le nom du monastère qui emmène les participants... puis tous ensemble, récitent les prières à une vitesse phénoménale. Il faut connaître tous les textes par coeur, dans la pénombre et lors des récitations rapides ; on a pas le temps d’ouvrir son livret de prières. Par exemple, il ne faut qu’une minute pour dire le sutra du coeur. Ce qui normalement prendrait quarante-cinq minutes (textes pour les offices matinaux), prend ici, cinq minutes lors du pèlerinage en montagne, tant la diction est rapide! Néanmoins, la récitation suit les paragraphes normaux. On récite les strophes pour « les pénitences » et le « repentir » (zangyo et sangé), puis les trois premières stances du sutra du sistre (sanjo-shakujo), le sutra du coeur (hannya-shingyo), les mantra (Go-shingon), paroles aux fondateurs (Gohôgo, Précieux Joyaux), le transfert des mérites (kinnen) et enfin le "Chant de l'Immédiat Satori" (hongaku-san) ! Tous les Yamabushi, laïcs et religieux, connaissent ses textes par coeur! Les premières fois, je ne comprenais pas ce qui poussait les yamabushi à réciter si vite. Après, j’ai compris : En montagne, ce n’est pas comme dans un temple, il fait froid ! En marchant le corps se réchauffe, mais on doit faire aussi rapidement que possible pour écourter les haltes qui font refroidir le corps en sudation! Les anachorètes qui pratiquent "l’ascèse de la marche" (kaiho-gyo) vont encore plus vite à réciter les textes, à chaque arrêt obligatoire pour prier, ceci afin d’éviter l’ankylose musculaire qui peut être foudroyante lors de crampes.
C'est un passage délicat avec des glissements de terrain lors des typhons...
46) FUNE-NO-TAWA (la crête en forme de bateau)
C’est un petit vallon boisé et dégagé au sommet de la crête, fréquenté par les biches et les daims car l’herbe verte, rare dans ces sous-bois, y est abondante ! Parfois, on a remarqué que le vallon pouvait descendre et bouger de plus d’un mètre car le massif est une montagne volcanique non éteinte où se trouvent des sources d’eau chaudes dans les vallées. D’où l’allusion à une embarcation qui voguerait sur les flots… Il est 7 heures du matin, et comme la colonne marche depuis 4 heures, c'est la halte pour manger une boule de riz. Cet endroit fait dire aux yamabushi que les monts Ominé sont vivants, car il oscille parfois ! De surcroît, ce vallon à la forme allongée d’une arche…
Poème de Saïto Sensei :
« Funé no yuna no motoni irakarété honi manda no miné aru nari”
(La civilisation a brisé l’embarcation, c’est pour cela que la mandala naturelle est fracassée)

45) SHICHI-MEN-ZAN (La montagne aux sept visages)
Le pèlerinage ne s’y rend plus, car il faudrait quitter le chemin des crêtes pour redescendre et passer par une autre vallée, ce qui prendrait trop de temps ! On fait à présent « Yohaéi-maéri » de loin. Elle est à l’ouest ! Dans cette montagne se trouve un ogre nommé "Koé-roku-Oni" (l'ogre aux six voies) qui dévore tout ce qui mauvais dans l’esprit des hommes ! Ce monde est nommé Jorouri-sékkai, patois de l’Ominé pour Juroku-sékkai, les seize mondes qui se situent sur le flanc-est de la montagne avec les 49 portes à l’Est « Shiku-no-tô ». A l’intérieur de cette dernière, résident de nombreux autres mondes dont « Le paradis du bouddha de médecine » (Yakushi-no-jôdô), à l’Ouest le paradis du bouddha Amida » Amida-no-jôdô. Si les pratiquants effectuent une bonne ascèse, ils peuvent entendre un son de cloche provenant de cette montagne qui est émis par "l’ogre aux six voies". En fait, à cette altitude, vu la vitesse de marche, si la marche est correcte, on entend un bourdonnement sanguin cérébral dans les oreilles qui peut faire penser à celui d’une cloche. Les anciens le savaient, puisque le démon porte le nom de « l'ogre aux six voies » en rapport avec les six organes de perception de la doctrine.
44) YÔJI-NO-YADO ( le refuge du cure-dent)
C’est là que le pèlerinage fait la pose du milieu de matinée. Le temps est souvent pluvieux et venteux, mais avec des odeurs de sapins et de mélèzes. Il est environ dix heures. On a laissé, à douze kilomètres au nord, le mont de Misen. En direction de l’Est, vers le bas, se trouve une statue d’un Fudo bleu que l’on prie. On est à quarante minutes de marche du n°46. A l'ère Meiji, un porteur du temple Shogoin, Yojiè-san, est mort de froid à cet endroit. Il y a sa stèle funéraire au-dessus de laquelle les yamabushi récitent les prières funèbres (éko-kongyo). En offrande, chacun y dépose un peu de son panier repas, nourriture pour son âme et offre du thé en répandant un peu de breuvage sur la stèle commémorative...
Poème de Saïto Sensei
« Shakujo no otomo takaraka ni furi tatété Yojié no yado ni Eko sasagéri »
(A la halte de Yojié, les sistres font entendre leurs sons, c’est pour le service funèbre)
43) BUCCHO-GATAKE (Le mont des germes du bouddha)
C’est une montée difficile, avec de nombreux obstacles à enjamber. C’est après le n° 51, la quatrième montagne la plus élevée de la région. Il est raconté que pour faire cette montagne, Dragons et Serpents ailés s’envolèrent du mont Mérou, pour arriver ici. Ce qui allégoriquement signifie que le sutra de la haute sapience (Hannya-haramitashingyo, en sanscrit Prajna-paramita-hridriya sutra) détenu par le peuple des Dragons-serpents ou Naga, y était ici, enseigné durant le pèlerinage.

1989, Reverend Okamoto, with a long stick, was pilgrimage director (Ojuku)
42) KUJAKU-GATAKE (le mont des paons) (eau qui coule)
A seize kilomètres de Misen, c’est le cinquième sommet des monts de l’Ominé. On y dispensait l’enseignement du sutra du Roi des Paons (Kujaku-kyo) si prisé dans le shugendo, à cause de ses incantations magiques (dharani) censées délivrer un pouvoir surnaturel, dont le fondateur fit un grand usage. On y trouve, coulant en un mince filet, une eau très pure, à gauche en bordure du sentier : l’eau des paons, près d’une stèle qui représente le Bodhisattva Kujaku-myo.
Poème de Saito Sensei
«Koké muséru fugirui ruiyoko taéri, Kujaku gataké yokogaké nishité shinryo kushitsu aru juirin otomonaku tokini kyo fuga kokorô sashinu »
(Innombrables sont les arbres couchés qui dorment avec la mousse, dans le mont de Kujaku, monts que l’on gravit de coté, aucun bruit; le silence fait que les pensées se calment)
41) KALA-HACHI DAKE (mont du bol à aumônes, en scrt paça)
Le kala-hachi était une coupe ou un grand bol dont les moines se servent pour faire l’ascèse de la mendicité. Du 42 au 41, le chemin est périlleux avec des précipices sur la droite. Quelques fois le sentier fait moins d’un mètre. Il y a des bloc rocheux dont il faut descendre avec des chaînes, mais c’est un endroit dont la vue vers l’ouest est magnifique! Un passage très délicat porte le nom de Kojiri-kaéshi, là où se renversait le petit couteau porté le long du sabre à l'époque féodale. Ceci indique la descente d’un bloc rocheux. Le passage Kai-zuri, la conque traînant au sol, indique ensuite un endroit similaire. C’est ici que demeure le « Ryobu-wake », la séparation entre le Kongokai mandala de Yoshino et le Taizokai mandala au Sud dans les montagnes de Kumano.

On y trouve aussi KALA-HACHI DAKE (mont du bol à aumônes, en sancrit paça). Le kala-hachi était une coupe ou un grand bol dont les moines se servent pour faire l’ascèse de la mendicité. Du 42 au 41, le chemin est périlleux avec des précipices sur la droite; souvent les pluies diluviennes crées des glissements de terrain qui modifie le parcours. Quelques fois le sentier fait moins d’un mètre de largeur. Il y a des bloc rocheux qu' il faut franchir lors de descente avec des chaînes, mais c’est un endroit dont la vue vers l’ouest est superbe! On y trouve aussi « gokuraku-higashi-mon », la porte Est du paradis, « Midori-no-ana », le nez vert (sous-entendu celui du gobelin) . La halte pour prier se trouve juste après en direction de l’Ouest. En contre-bas il y a des blocs de rocher qui ressemblent à d'immenses pierres levées. Elles furent baptisées "Go-yaku Rakkan" « les cinq cents Arrhat » (les 500 disciples du Bouddha), très visibles de l'ermitage de Jinsen au n°38 quand on regarde vers le nord. L’école Tôzan raconte qu’en ce lieu En-no-gyoja pria et demanda de l’aide aux ermites de l’Inde pour l’enseignement bouddhique et leur édifia cent reliquaires, stupas (gorin-tô). Le bol à aumônes est une grande roche cubique à la droite du sentier où les néophytes doivent déposer la branche qui leur servit de bâton de marche durant ces quatre jours. Tous les jours, à l’heure du cheval, bouddha vient sur cette pierre. A l’Est de ce rocher, c’est le monde du dieu Taishaku et à droite celui de bodhisattva Kannon. C’est un acte ancestral où son bâton de novice est offert pour que le shugen continue dans les générations futures! Cela forme un tas de bois nommé: le "monticule du chapeau", Kasa-sté-zan

"Uma-no-seoï / passage sur la selle du cheval"

L'aiguille à droite est nommée "Zazen Ishi", pierre pour faire zaen (d'Enno gyoja) car lui seul était capable de faire zazen
tout en concervant un équilivre parfait.
.
Voici un poème secret attribué à En-no-gyoja :
« Mi otoké no umaré tamaéshi kuni naréba suté oku tsué wa inochi no yo no tamé »
(Merveilleux lieu de naissance du Bouddha, comme je dépose ici le bâton, je dépose ma vie à tes pieds pour les générations futures) Les néophytes reprendront un morceau de bois nouveau (en guise de bâton) à l'ermitage de la montagne de l'ermite (Jinsen-yado).



40) SAKKA-GATAKE (Le mont du bouddha Sakyamuni)
Break du midi
C’est la troisième montagne la plus haute de la chaîne de l’Ominé. Pour arriver jusque là, il faut franchir trois passages délicats. 1) Kojiri-gaéshi & zazen-ishi où les pratiquants néophytes (nouveaux, shinkyaku) laissent leur bâton de marche, 2) Uma-no-sénaka, dos du cheval, 3) Nembutsu-bashi, le pont du nembutsu. Une fois passées ces difficultés, il faut grimper jusqu’au sommet. Il est environ 12 heures. Au sommet de cette montagne trône à présent une magnifique statue du bouddha Sakyamuni. Tout le monde aime à prendre en photo cette magnifique statue en bronze. Il y 80 ans, c’est Oni-Masa, "l'ogre Masa" (surnommé ainsi par ses amis yamabushi); de son vrai nom Okada Masayuki qui l’a apportée, seul sur son dos. Démontée en trois parties, il a hissé chaque partie de la vallée à l'ouest. Un véritable travail de titan (d’où son surnom) qu’il a accomplit comme une ascèse, en remerciement d’un voeux qui s'était accompli. Elle fait 3,7 mètres de haut. Auparavant, il y avait des statues de Kongo-Saka qui furent descendues au temple de Zenki et qui trônent désormais comme Honzon, divinités principales. De cette montagne, on aperçoit dans le fond (au Sud) le mont Tama-Oki (mont du grand joyaux), n°10 du pèlerinage et le mont Kasasté .
Poème ancien :
« Kasasté o nobori témiréwa Saka gataké kuban no jodo koko ni koso waré »
(Une fois grimpé le mont du chapeau, on aperçoit le mont de Saka qui est une dalle de vacuité pour entrer dans le paradis, cela est ici, à présent) Cela signifie donc : «Longtemps j’ai gardé le Kongo-tsué (bâton en diamant), mais à présent, je l’ai offert au mont du Kasa (chapeau= matrice). Je me suis débarrassé de tous les attachements et mon esprit est libre. Ouvrant la porte du satori, les passions sont chassées et l’on peut voir le paradis du Bouddha Amida du sommet du mont de Sakyamuni. En-nogyoja vit sur cette montagne, le corps du bouddha Sakya dans des nuages violets, avec ses 500 disciples les plus proches. Auparavant, il s'y trouvait un petit refuge.
Poème ancien :
« Shokaku no miné ni noborité naga muré wa goyaku rakkan wa rendai no shita »
(Après avoir gravi la montagne de l’illumination et regardé vers le bas, j’y ai vu 500 arahts, disciples proches du bouddha qui demeuraient au pied d’un siège de lotus).
Poème de Saito Sensei
« Vairocana no Aji no jiko oni mi oyadoshi izaya kudaran Saka no miyamao”
(La lumière de la lettre A du bouddha Vairocana illumine mon corps issu d’un accident de mes parents, je descends de la montagne de Saka).
Ascension du mont Sakka
39) TÔTSU-MON (La porte de Tôtsu) ou GOKURAKU-NO-HIGASHI-MON (La porte Est du paradis)
Elle se trouve à dix minutes sur le sentier qui redescend du mont de Saka vers le vallon de Jinsen-no-yado, la prochaine étape. C’est un sentier qui est raviné par l’érosion et recouvert par les feuilles de bambou nain. On ne sait pas où l’on met les pieds. Par temps de pluie, il faut faire très attention à ses pas. Il y a encore cinquante ans, on y effectuait « le passage dans la matrice » pour passer dans le Taizokai mandala. Une épreuve consistant à ramper sous deux blocs de pierres, aujourd’hui interdit car ils s’effritent.
38) JINSEN-NO-YADO (Le refuge secret de l’ermite)
A trente minutes du mont de Saka, dans le vallon à mi-pente. C’est un endroit très secret et chargé d'histoire dans ce pèlerinage. Il y a un chapelle en bois, un dojo, avec de nombreuses statues où l’on peut faire la cérémonie du feu. On aperçoit le mont du bouddha Sakyamuni d’un coté avec les 500 disciples et son lotus boisé, siège des épreuves internes de la halte à Zenki et le mont de Dainichi de l’autre coté. La barbe et les cheveux d’En-no- gyoja y seraient enfermés sous une stèle funéraire en pierre. Une eau sacrée y coule (Akka) venant de la pierre des « quatre dieux » (Shiten-sékki). C’est une eau lustrale utilisée pour la plus haute cérémonie de sacrement du shugendô qui se déroule tous les vingt ans (Jinsen-Sho-kanjo) ! C’est l’endroit où Jimpen à donner "l’onction correcte", la plus haute initiation dans le shugendo à ses cinq disciples. C’est donc un lieu de transmission important ! Là où était transmit la façon d'atteindre l’illumination dans cette vie, avec ce corps. L'anachorète Jitsukaga y avait établi son ermitage à l'ère Meiji. Avant l'époque Meiji, l’école Honzan du temple Shogoin avait de nombreux refuges ici. Il ne reste plus que ce Gyoja-do (chapelle d’En-no-gyoja), bâtiment entretenu par les congrégations traditionnelles du shugendo des Mts Ominé. A présent, les cérémonies d’onction ont lieu plus bas dans la vallée, à l'ermitage de Zenki qui à l'ére Meiji fut la demeure de l'ascète Jitsukaga! Une fois arrivée, le pèlerinage y fait le Saito dai goma, l’oblation du feu de menu bois. Au cours des sept vies d’En-no-gyoja, la tradition dit qu’il en utilisa trois pour construire tous les « maisons de pierres » de Jinsen-no-yado et de Zenki. C’est pour cela que cet endroit est considéré comme le « centre spatial de la montagne » dans la cosmogonie du shugen (dictionnaire du shugen/shugendo jiten).
Poème de Saito Sensei :
« Jigen tozô miru Kenja narikéri tani kubéru séséragi no otomo miné kazé mo, Maka Birushana no shishi kunari kéri »
(L’ascète Gyoja comprit l’enseignement profond du Bouddha. Le son des rivières, du vent, tout est le rugissement de Birushana, le Bouddha Dainichi)
Poème de Ni-no-Miya Son-Toku sur la vertu du second précieux sanctuaire de Nachi.
« Koé mo naku kamonaku tsunéni Amétsuchi wa kakazaru kyô kuri kaéshi tsutsu »
(Pas de voix, pas d’odeurs pour la terre et le ciel, mais cependant ils contiennent les textes sacrés)
Haïku du maître Saïgyo Hôshi :
« Jinsen no tsumikéru tsukio mizariséba omoé témonaki wagami naramashi »
(J’ai vu la lune merveilleuse à Jinsen, elle est la lune blanche de l’Ainsité, à travers elle j’ai pu voir la Vérité qui demeure en moi)
Poème ancien :
« Tenjin no harai ori izuru kosui wa waré Raga moto no nyumi narikéri »
(Le dieu du ciel vient de l’eau spéciale, elle a la saveur du lait, elle est issue du nombril du Bouddha Sakka)
37) SHOTEN-NO-MORI (la forêt du dieu Shoten-dieu à tête d’éléphant)
Shoten est une version ésotérique du bouddhisme du dieu indien Ganéça (Vina yaka), le dieu qui exauce tous les désirs en détruisant tous les obstacles sur le chemin. C’est un dieu exigeant dont les rites très secret dans les écoles Shingon, Tendai et Shugen (à base d’offrandes d’huile sur la tête de la divinité) sont sensés procurer de grandes richesses matérielles. L’un des plus grands temples japonais qui lui vous un culte quotidien se trouve sur la montagne d'Ikoma à l’Ouest d'Osaka. Industriels, commerçants et artisans en ont fait un des temples les plus vénérés, dédié à une forme enlacée (mâle et femelle) du dieu éléphant mâle femelle Kangiten. Mais les rites secrets doivent être faits tous les jours, sans aucune journée de repos, pour le moine chargé des rites! C'est donc une divinité très contraignante!
La forêt du dieu éléphant est la forêt qui se trouve juste sur l’autre versant du vallon de Jinsen, à quelques minutes seulement. La tradition raconte l’histoire d’une roche « vivante » sous laquelle il y aurait de l’or mais l’endroit exacte, où se trouve cette roche, reste inconnu... De Jinsen-no-yado descendre dans la vallée par le flanc ouest, jusqu’à une tombe...C’est celle de la sixième vie d’En-no-gyoja! Gokuraku-sen (le n°36) est à la même hauteur que Shoten-no-mori, mais à sa droite. En venant de Jinsen yado, au sommet se trouve une statue de Shoten, d’environ deux mètres de haut. Au niveau de la statue, il y a une inscription datant d'une centaine d’années: « Les personnes vêtues normalement ne peuvent venir y prier » C’est un endroit réservé exclusivement aux yamabushi. On contourne ensuite des blocs de pierres nommés aussi Kaizuri et Kojiri kaéshi comme le n°41, Haku-hatsu-doji, l’enfant aux cheveux blancs. Un peu plus bas se trouve la pierre de Kongara-Seitaka et Kurikara-iwa (les deux acolytes de Fudo avec le dragon) et encore un peu plus bas, on tombe sur la porte Sud du Nyonin-kinsei (interdiction aux femmes) d’avant Meiji. Si l’on descend plus encore, on tombe sur la bifurcation du vallon abrupte qui va vers la vallée de Zenki. Si on continue tout droit, on se rend au mont du bouddha Dainichi et si on prend à droite à la bifurcation, en descendant par la vallée de l’Ouest, on se rend sur la route Sud du pèlerinage et il faut encore une semaine pour atteindre à pied le sanctuaire de Kumano...
36) GOKAKU-SEN (Les 5 angles sacrés)
C'est un petit mont qui se juxtapose à la forêt du dieu-éléphant Shoten comme les deux bosses d’un chameau. Au sommet, il y a trois cents ermites. En réalité, trois grandes pierres nommées : Mikazuki (quartier-croissant de lune), Eboshi-ishi (pierre du chapeau corbeau), Gébako-séki (la roche du coffre à sutras). Etait-ce l’endroit où les yamabushi se coiffaient de la tiare sacrée (Hokkan) des cinq sapiences de Dainichi, avant de grimper le mont du même nom ?
35) DAINICHI-DAKE (mont du Boudha Dainichi)
Il est environ 14 heures lorsqu’on arrive aux pieds du mont de Dainichi durant le pèlerinage. Il faut grimper au sommet à l’aide d’une chaîne de vingt cinq mètres, sur une dalle inclinée à 45° avec des précipices à droite et à gauche. C’est l’épreuve du "grimper sans pensée", mushin-ni-noboru. Arrivé presque au sommet, il faut passer sans les toucher entre deux pierres Amé- Futai-ishi, la pierre qui fait pleuvoir et Futai-ishi, la pierre qui fait venter, sinon il se met à venter et pleuvoir raconte la tradition. C’est de toute façon un endroit très venteux car on se trouve au sommet d'une crête. Lorsqu’il pleut, on ne grimpe plus, car la roche est dangereuse, exception faite pour les Gaku-sô, les jeunes moines en formation au Shogoin, qui eux doivent faire cette épreuve coûte que coûte! Au sommet se trouve une très belle statue de Dainichi et une pierre polie, une ardoise, semblable à un miroir. Après avoir reçu l’ultime initiation, l’onction correcte, les yamabushi portant la coiffe des cinq sagesses de Dainichi grimpaient la chaîne en fer pour voir leur visage dans le miroir, comme dans la tradition du bouddhisme ésotérique où le nouvel Initié doit se voir dans un miroir rond paré des attributs du Bouddha Dainichi.
Il y a quelques années, recherchant cette pierre qui se trouve à l’opposé de la statue, le Supérier Général Miyagé Tainen du temple Shogoin, s’entrava les pieds dans les racines des arbres accrochés à la falaise et fit une chute de plusieurs dizaines de mètres. Dans sa chute, il fût rattrapé et sauvé par une branche...
La roche s’effritant beaucoup, c’est un endroit qui est à présent dangereux. On dit que En-no-gyoja y vint beaucoup prier pour sa mère. Auparavant une petite chapelle dédiée à sa mère s’y trouvait.
Deux poèmes de Saito Sensei :
« Dainichi no kusari yurugashi fuku kazé tani wa jigoku ka soko ima miéru »
(le vent fait se balancer la chaîne de Dainichi, dans la vallée de l’enfer, j’aperçois ma maison). Ici on s'aperçoit que la plupart des yamabushi, amoureux de la montagne, rêvent de demeurer au refuge de Zenki/Jinsen comme l'anachorète Jitsukaga le fit vers 1870!
« San san to furu Dainichi no Ji-kô abi warémo Otoké to miné ni anzasu”
(la lumière de compassion de Dainichi pénètre mon corps, peut-être suis-je Bouddha dans le mandala de l’Ominé?)

34) SENJU-DAKE (le mont aux mille bras)
Allusion aux mille bras du bodhisattva Senju-Kannon (Avalokitesvara aux mille mains en scrt, Tchenrézi en tibétain).. Situé un peu à l’ouest du Mt Dainichi, il s’y trouve une roche dite « d’apparition » de Senju-Kannon qu’on ne gravit plus à présent
33) FUTATSU-ISHI ou RYO-DOJI-IWA (les deux rochers autour desquels on tourne)
Il faut trois heures pour descendre de l'ermitage Jinsen à la chapelle de Zenki, à bonne allure et il fait nuit tôt en montagne. Après avoir rejoint la bifurcation en bas de Gokaka-sen et descendu par la vallée de l’Est en direction du temple de Zenki, à environ 70 minutes de Jinsen, se trouvent les deux pierres dressées dont l’épreuve demeure physiquement, pour ma part, la plus difficile de "l'entrée-en-montagne", du pèlerinage. Après dix heures de marche en terrain accidenté, il faut en varappe pure, non assurés par une corde de sécurité, faire le tour de ces deux rochers et effectuer le "saut du gobelin" (Tengu-tobi) entre ces deux rochers pour passer de l'un à l'autre. Si la hauteur pour la face Ouest est raisonnable, par contre la face Est se trouve avec un aplomb de plusieurs dizaines de mètres. Les jambes qui se tétanisent, et c’est la chute mortelle au fond de la vallée. Les yamabushi n’y grimpent pas s’il a plu. Ces roches représentent les deux assesseurs de Fudo Myo. Les "enfants de diamant" nommés Kongara et Seitaka. Puis le chemin continue... On passe par un glissement de terrain qu’emmènent régulièrement les eaux de ruissellement appelés Taiko-tsuji, le croisement du tambour, parce qu’on y entend parfois le son du tambour. Il faut dire que tous les shugenja du pèlerinage courent presque en descendant, car la nuit vient très vite ici et que le chemin est très accidenté devient donc dangereux dans la pénombre... De ce fait, la pression sanguine résonne dans les oreilles comme un tambour…

Révérend Nakamura, il y 30 ans avec le Gomonshu Miyagi derrière

Gomonshu Miyagi il y a 30 ans...
32) SOMAKU-DAKE (la danse de l'herbe qui fait dormir)
C’est une danse, la Soma-kusa, qu’un ermite effectua au sommet de ce mont qui donna son nom à l’endroit. Il y a une plate-forme, une pierre plate pour la danse. En passant, on fait « yohai-maéri».
31) KOIKE-YADO( le refuge du petit lac)
Autrefois, il y avait probablement une petite retenue d’eau dans le canyon de cette petite vallée, après le ruissellement des pluies dilluviennes qui tombent en juin et septembre.
30) HOSHI-KUSA-DAKE (le pic où l’herbe sèche)
Les n° 32, 31, et 30 sont des sommets accrochés à la pente Sud que l'on peut apercevoir à droite du sentier qui mène au refuge et temple de Zenki. On ne peut plus s’y rendre car les chemins de montagne ne sont plus entretenus et le circuit du pèlerinage actuel n’y passe plus. Les tablettes votives destinées à ces endroits sont déposées à la chapelle de Zenki.
29) ZENKI-YADO ou ZENKI-YAMA (le refuge de la montagne du démon de devant)
En-no-gyoja avait pour disciples deux "ogres", contre lesquels il lutta dans les monts Ominé, devant la caverne de Sho et qu’il finit par convertir, pour ensuite les accepter comme disciples devant la caverne de l'aigle. Un avait la peau rouge et se prénommait Goki (démon mâle) portant la hache pour couper le bois dont les habitant du village de Dorogawa sont les descendants. L’autre, à la peau verte, Zenki, la femelle portant le récipient d'eau dont d’autres descendants vinrent s’établirent dans cette partie de la vallée, près de l'actuel retenue d'eau qui constitue un barrage hydroélectrique. Il porte l’eau lustrale de l'ermitage de Jinsen. Zenki accoucha donc de cinq enfants à cet endroit! En-no-gyoja demanda que leurs descendants guident ensuite les yamabushi en montagne. Ces 5 enfants Gokki-tsugu, Gokki-gami, Gokkidô, Gokki-kuma et Gokki-tsuké donnèrent cinq familles, 5 gîtes refuges (bô) appelés Morimoto-bô, Naka-bô, Gyoja-bô, Konaka-bô. En-no-Gyoja remit une statue à son effigie à Gokki en disant qu’elle était lui-même, puis il disparut dans les monts Minô, raconte la tradition du shugen. A l’ère Meiji, seuls substitaient les familles Morimoto-bô et Konaka-bô. Il y a quelques années la famille Morimoto-bô s’éteignit. La statue d’En-no gyoja disparue ! Il ne reste plus à présent que la famille Konaka-bô qui tient le refuge qui sert lors de leur passage à Zenki durant le pèlerinage annuel!. C’est ici que se déroule la quatrième nuit du pèlerinage. La famille Konaka continue de délivrer des "certificats de réussite" pour les yamabushi qui le demandent, comportant les 75 sceaux des 75 stations de l’Ominé. Si en réalité tous les descendant de Zenki sont allés à Miyakô (Kyoto), ceux de Goki sont toujours à Dorogawa…




Zenki hermitage atmosphere...

Zenki hermitage Ura-Gyoba
Poème court (waka) de Saito Sensei :
«Okugaké té Zenki no yado ni naku, haé no otoni kikiréba kokorono nabominu »
(Faire les pratiques des montagnes profondes durant le pèlerinage et au refuge de Zenki pouvoir entendre le vol des mouches, comme l’esprit se détend…)
Ceci indique l’état d’apaisement que ressentent les pratiquants après avoir affrontés les tempêtes, les éclairs et le tonnerre sur les sommets. Zenki est vraiment un havre de paix. Ce n’est pas encore la civilisation, quoi qu’isolé encore, mais l’altitude est plus basse. Il n’y a pas de mouches sur les sommets, mais zenki est plus bas dans la vallée ! C’est à Zenki qu’a lieu à présent tous les vingt ans "l’onction correcte" nommée Jinsen-Shô-kanjo durant quatre jours. La dernière eût lieu en 1999! A l'époque Meiji, lors des persécutions à l'encontre du Shugendo, c'est ici que le saint Hayashi Jitsukaga établit sa demeure...
Autre poèmz de Saito sensei montrant admirablement l’atmosphère de Zenki ! Zenki est un endroit propice à la recherche méditative :
« Kiri fukaki Zenki no yado no aka tokini, Buppôso wa mashi kuna kéri”
(Tôt le matin dans la brume épaisse de Zenki, le chant de l’oiseau « Bupposo » est important)
L’oiseau « Bupposo » est le rollier, autre nom du « cou-cou ». Au Japon, sur trois notes, le rollier fait dire à l’imagination populaire, qu’il prononce les paroles suivantes « Buuupôôôsssôôô ! » qui signifient Bouddha, Dharma et Sangha, en faisant de l’oiseau, un messager de la Loi bouddhique par excellence. Entendre sa voix le matin, rappelle l’office matinal dans le temple de Kyoto. De plus, voir la brume très épaisse à Zenki, des montagnes de forêts denses, se lever comme une chevelure divine s’envolant du sol, est un spectacle magnifique et sublime accompagné le chant du rolier ! Zenki n’est pas simplement une halte, un refuge pour la nuit ou bien le lieu d’une d’initiation majeure. C’est aussi un endroit où se trouve des épreuves à faire! Les 18 « ura-gyoba » de Zenki. On les faits le cinquième jour du pèlerinage, au lever, si l’on réalise le Gyakubu-shugyo (itinéraire inverse allant de Yoshino en Kumano) ou le premier jour, si les yamabushi comme ceux du Kizoin font l’itinéraire correcte, Nyubu-shugyo (parcours qui va de Kumano vers Yoshino). L’endroit se situe un peu en contrebas du refuge de Zenki, dans un sous-bois très humide, avec des cascades et rivières remplies de sangsues ! Il faut quatre heures pour faire le parcourt.
Puis on a accès à la route départementale qui mène à la ville de Kumano et Nachi. Il faudra néanmoins encore deux bonnes heures de marche sur l'asphalte pour contourner le lac et arriver à Zenki-guchi, lieu où les bus attendent pour conduire les pèlerins à Kumano et Nachi, car à présent, seuls les yamabushi du temple Kimpusenji font l'itinéraire de la route du sud à pieds jusqu'à Nachi et Kumano! C’est la montagne profonde, sans maison, ni village, mis à part dans le fond de la vallée autour du lac et en bordure de la route, ce qui fait écrire à Saito sensei :
« Yama gami no shisha to osoréshi Okami atotaété mori isokanari”
(Avant nous craignons les loups, esprits-protecteurs de la montagne, à présent ils sont tous morts).
Pour la petite histoire, le dernier des loups des monts de l’Ominé empaillé est visible au « National British Museum » à Londres. Mais quelques fois la nuit, lors de ma retraite dans la caverne de Shô, je me suis surpris à entendre des hurlements et j’aime à penser que tous les loups dans les monts Ominé, animal totem, ne sont pas tous morts. Certains habitants japonais, vivants dans la partie la plus sauvage des Mts Ominé (les Mts d'Odaigahara), parlent d’ailleurs d’une bête monstrueuse, comme celle du Gévaudan Sambon-no-Okami, un loup à trois pattes (comme le corbeau à 3 pattes de Kumano).
Diaporama from mount Misen to Zenki hermitage
JOURNEE 24 juillet
Prendre un taxi car plus de bus quotidien pour se rendre à Nachi...
28) ZENKI- MIE-NO-TAKI (les trois cascades de Zenki)
Avant, les yamabushi s’y rendaient par l’autre flanc de la montagne. A présent, les trois chutes, comme une cascade qui se sépare en trois parties, sont visibles du chemin qui mènent à Zenki-guchi par la route que tous les yamabushi empruntent pour redescendre aux bus ! Cette cascade, divisée en trois, ce sont Bato-Kannon, Senju-Kannon et Fudo myo. Avant on faisait l’ascèse de la cascade et la tradition met en garde ceux qui non pas l’esprit assez bon, ceux qui possèdent un mauvais karma…Ici il était facile de perdre la vie, car c'est une cascade avec un débit d'eau très fort!
Voici qu’en disent deux poèmes secrets :
« Tani zokoni A Hun no ki tachi kéréba makoto ni Oni no sugata naruran »
(Aux pieds de la cascade qui va de la ligne A à Hun, il sûr que c’est la demeure des ogres)
Tout ça pour dire que le sentier de pratiques de l'ésotérisme bouddhique est un chemin sinueux voir même dangereux...
«Mié no hi-sui ni mioba kyométsu tsu otoké no kuni ni itari itarité »
(Les pratiquants font l’ascèse dans la cascade de Mié car il n’est pas important de perdre le corps si on obtient l'illumination)
Le professeur Saito pense que : « Le miné-iri ne doit pas servir uniquement à acquérir une plus grande de puissance physique ou mentale (voir psychique), mais il doit apprendre à présent aux individus, à travers une pratique commune, comment ne faire qu’un avec la Nature, avec la Montagne, avec Bouddha ... »
Journées 24 & 25 juillet
(On retourne à Yoshino au temple Kizoin en taxi, pour aller de la ville de Gojo en bus à Nachi, au temple Seigandoji, Mietaki san minshuku)
We went back with taxi to Kizoin temple to speak to Nakai sensei about our journey inside mounrain during typhoon
before to go by bus from Gojo city to Kumano & Nachi
DIAPORAMA return to Kizoin temple, stay & going to Nachi
Video N°10 from Gojo town to Nachi bus bus, 5 hours...
3) KUMANO-SHINGU (sanctuaire de Kumano à la ville portuaire de Shingu)
Il fut apellé aussi Atayama jinja où trônent l'avatar Kumano Junisha daigongen. Le sanctuaire de la montagne Ata, en relation avec le mont Atago de Kyoto est le sanctuaire des douze apparitions circonstantielles de Kumano. Dans un ouvrage ancien, conservé dans le sanctuaire, le livre "Kumano-Nen-daiki", il est écrit qu’en l’an 128, l’avatar (apparition circonstancielle) descendit sur Kumano pour fonder un ordre nouveau. Il se nommait Shujin ou Kumano-Atayama-Okami ou Daijin si l’on se range la prononciation bouddhiste pour le terme shinto Okami qui signifie "grand dieu"!. Ce « Shujin » fut probablement un noble chinois ou coréen qui colonisa le Japon, il y a deux mille ans et qui fut, lui-aussi, divinisé par la suite !
Les douze avatars de Kumano sont depuis l’époque Héian :
1) Wakamiya-wakai-ichi-ôji, nom shinto pour le bodhisattva Ju-ichimen-Kannon,
Kannon à onze visages
2) Zenchigu, pour le bodhisattva Jizo
3) Seigu, pour le bodhisattva Ryuju bosatsu, c’est à dire le maître indien Nagarjuna
4) Jigu, le bodhisattva Nyoirin-Kannon
5) Komorigu, pour le bodhisattva Sei-Kannon
6) Ichiman-kenzoku, les cent disciples du bouddha, Monju et Fugen Bosatsu,
Juman Kongo-dôji, les 10.000 foudres de diamant Protecteurs de la Loi
7) Kango-jugo-sha, le bouddha Sakyamuni
8) Hiko-yasha, Fudo myo sous une forme démoniaque
9) Yoneiji-kongo, le dieu Bishamonten
10) Susano-no-mikoto, le boudha Amida
11) Ayatama-Ô-kai (la déesse Izanami), au centre de l’édifice, associé au bouddha de médecine Yakushi-nyorai
12) Le dieu mâle Izangi, le bodhisattva Senju Kannon
Il y a d’abord le groupe des cinq princes (Gosho-ôji) que suit le groupe des quatre dieux puis celui des trois Grands Dieux. A partir de la gauche, lorsqu'ils pénètrent à l'intérieur du sanctuaire, les yamabushi prient devant un édifice tout en longueur, spécifique du shugendô. C'est une architecture de type Gongen-zukuri comme au n°72, (le temple de Mikumari à Yoshino) où sont enchâssées les douze divinités syncrétiques, dont l'arbre sacré "Nagi-no-ki". Le santuaire/temple de Shingu est beaucoup plus grand que celui de Hongu. Pour la fin du pèlerinage au sein du mandala naturel (RITTAI MANDARA), les yamabushi du Shogoin défilent en file indienne dans l’enceinte et vont prier devant les marches, puis font le rituel du feu à l’écart. Le grand prêtre de ce temple était depuis des générations choisis par le Shogoin pour être le "super-intendant" des trois temples (Bétto-Sendashi). C’est une charge qui incombe toujours à la famille du baron du clan Kuki. Une famille qui compte parmi ses descendants, le daimyo Kuki Yoshitaka qui fût l’amiral de la flotte du Shogun Nobunaga et qui fit construire le port militaire de Toba dans la baie d’Isé. Actuellement le grand prêtre se prénomme Kuki! Le premier fondateur de la lignée du fief de Kuki fut le yamabushi Hyakushimaru Kurambô qui aida la fuite de l’empereur Go-Daigo. Celui-ci pour le remercier l’anoblit et lui donna le fief du village de la montagne de Kuki qui existe encore actuellement. La famille Kuki était détentrice d’un art du maniement du bâton long, l’école Kukishin dont la branche du maître Saburoji Minaki est détenue aujourd’hui par Soké Tanaka Fumon d'Osaka. Le nom de Kuki sigifiant les 9 démons (ou plutôt les 9 dieux car le premier trait sur l’idéogramme de démon (ki qui se lit aussi oni), n’a jamais existé et cela change radicalement la lecture puisque celle-ci devient kami qui signifie dieux ! Ces « 9 dieux », une constellation, gardaient « la porte des démons » au Nord-Ouest (Kimon). Hors Konjin-san, un dieu cornu à l’apparence de Fudo est vénéré secrètement par la famille Kuki sous le nom de Kimon-Daimyojin . C’est ce dieu qui fût transporté dans les monts du Déwa-sanzan au Nord-Ouest du Japon (l’endroit de la porte des démons) dans la préfecture de Yamagata (autre foyer de shugendo). J’ai pu étudier des parchemins anciens de la famille Kuki, concernant Kimon Dai Myojin, avec une "écriture céleste" (cunéiforme dans le style proche des anciens sumériens) qui viendrait des dieux et il est fort étonnant d’y retrouver des symboles hébraïques liés à l’origine de la famille impériale Japonaise! Le nouveau sanctuaire de Kumano possède dans son enceinte un muséum (le Shinpokan) dans lequel sont montrés aux visiteurs les 1000 présents offerts par les empereurs japonais.
Avant la séparation entre shintoïsme et bouddhisme (Shinbutsu Kisshaku), le Grand dieu de ce sanctuaire était le Bouddha de médecine Yakushi nyorai. Comme dans tous les temples shinto, il y a pour le sanctuaire de Kumano « le sanctuaire profond » de Tamaoki-jinja, celui d’en bas, l’édifice de style Gongen-zukuri, Kumano Jinja et « le sanctuaire d’en haut » Kamikura jinja.
Le 16 octobre, tous les ans, se déroule à Kumano, la fête des bateaux "O-funé-matsuri", commémorant l’arrivée des «dieux » en bateaux à Kumano. Par ailleurs le dessin du navire allumé sur le mont Atago en guise de "charme-protecteur" pour la ville de Kyoto depuis Kukai, symbolise ce bateau de Kumano. Au sommet du « temple d’en haut » se trouve un bloc de pierre énorme faisant près de soixante mètres de circonférence, entouré d’une corde sacrée, le Go-Shintai. Tous les 6 février et 17 juillet se déroule la fête du feu à partir de ce temple. La ville de Kumano dont le sanctuaire est célèbre dans tout le Japon (avec ceux d’Isé et d’Izumo) est connu pour cet événement. Les fidèles et des centaines d’individus vêtus de blanc, la taille ceinte d’une corde sacrée, portant des torches enflammées de plus de cinquante kilogrammes chacune, dévalent en courant, au coucher du soleil, le grand escalier de pierres, long de plusieurs kilomètres qui rejoint le temple d’en haut à celui d’en-bas ! Des milliers de touristes et de fidèles assistent à cette manifestation. Vu de loin, on dirait qu’un dragon de feu descend de la montagne pour rejoindre la mer. C’est le départ des âmes pour les contrées éloignées. Le feu sacré est ensuite distribué pour la nouvelle année dans chaque foyer de Kumano. Une façon traditionnelle de continuer à transmettre le feu sacré dans les foyers dans les autels familiaux (Kamidana). C'est au 11ème siècle, que les yamabushi créèrent la croyance en Kumano-Sansho Dai-gongen : Le dieu shinto Iyétsu-miko-shin (Le dieu Susano) était le bouddha Amida et il fût vénéré au santuaire d’Hongu. La déesse Ayatama-Okami (la déesse Izanami) était le bouddha Yakushi et il fût vénéré auu sanctuaire de Shingu. Le dieu Izanagi fût associé au boddhisattva Senju-kannon et vénéré au sanctuaire de la cascade à Nachi
Kumano shrine at Shingu city with the Head priest of Kuki family in center
Pilgrimage procession arriving at Kumano Shingu shrine
Prayers & benediction by Kumano Shingu shrine
DIAPORAMA Fujimoto 2008
2) NACHI-ZAN (le mont de Nachi)
L’envol du dragon de sagesse
Connue depuis des siècles car la montagne abrite la plus grande cascade du Japon avec cent trente mètres de haut et six mètres de large ! Aux pieds de la cascade demeure le sanctuaire shinto, où la cascade est vénérée comme corps de la divinité. C’est une cascade sacrée. Un peu sur les hauteurs, avec sa grande pagode rouge à plusieurs étages, le temple bouddhiste Tendai Seigando-ji, le temple du "rivage bleu ou du serment" la contemple ! Dans la terre du boudha Amida, c’est ainsi que cette région est vue par les croyants, la terre du soleil couchant, la cascade et la divinité enchâssée dans le temple bouddhiste est Senju-Kannon, le bodhisattva Avalokitesvara aux mille bras en scrt. Le Seigandoji est le premier temple pour faire le pèlerinage des 33 temples consacrés à la déesse Kannon pour la région du Kansai (région comprise entre Osaka, Kyoto, Nara, Kumano et Wakayama). Le Seigandoji garde aussi une statue de Nyoirin-Kannon, cachée de la vue de tous qui aurait été sculptée dans les embruns de la cascade. On dit que l’un des premiers diciples du bouddha Sakyamuni, l’ermite Ragyo vint d’Inde pour y pratiquer l’ascèse sous cette cascde. En-no-gyoja, les moines Saicho et Kukai, Enchin, Shobo, bon nombre d’ascètes dont Mongaku au début de la période Edo et le saint Jitsukaga à la période Meiji, vinrent y pratiquer les ablutions rituelles et la médition sous la cascade. Les ascètes et yamabushi restaient parfois durant mille jours à Nachi pour y faire la retraite et vivrent en ermite.
Durant l’époque Edo, les «croyants pour la vie», doctrine du bouddhisme shingon mélangée à du bouddhisme Amidiste, les « Issé-gyonin », ainsi que les « mokujiki gyoja » (les pratiquants végétariens qui ne mangent plus les cinq céréales) s’étaient regroupés dans la région de Nachi. Tous les ans, autour du 3 janvier, des ascètes de toutes confréries se retrouvent pour pratiquer l’ascèse de la cascade (takigyo) à Nachi sous la férule du responsable du temple Seigandoji et commémorer ainsi l’oeuvre des ascètes Mongaku & Jitsukaga. Je m’y suis rendu. Il y fait très froid ! A plus de cinquante mètres, vous êtes déjà tout trempé avec les embruns et la pression sous la cascade est terrible ! On y prie : Fudo myo, Aizen myo et Karyu-Dai-gongen (l’avatar du Grand Dragon de Feu). Mais les méditations courantes se font dans deux autres plus perites cascades en contrebas, Ni-no-taki et San-no-taki.
En premier lieu à Nachi , se rendre au temple temple Seigandoji, puis sur la tombe du Saint JITSUKAGA pour faire Kuyo et enfin aller au sanctuaire shinto de NAICHI TAISHA au pied de la grande cascade.
Saint Jitsukaga holy grave
1) DIAPORAMA / VIDEO Saint Jitsukaga's grave
2) Video /diaporama in front Seigandoji temple & Nachi shrine in morning
where the biggest waterfall of Japan is sacred, considered as Nyoirin Kannon or Senju Kannon.
Ensuite le 26 juillet, retourner sur Kyoto au Shogoin via le bus jusqu'au village côtier de Katsura, puis par la ligne ferroviaire JR, afin de finir la boucle et de faire les dernières prières du pèlerinage au temple Shogoin, avant de se préparer pour la cérémonie de prise de refuge du lendemain durant laquelle 5 nouvelles personnes occidentales vont devenir officiellement Yamabushi...
Back to Kyoto Shogoin temple by bus & train from Nachi-Katsura, 4 hours
DIAPORAMA / VIDEO
27 july temple SHOGOIN
Tokudo / Take refuge inside the 3 Buddhist jewelies ceremony 3:00 pm
for becoming officially registred as Yamabushi of Honzan tradition
Eugenia receiving her attestation of Tokudo Sanmayakei ceremony as Yamabushi Seigen
DIAPORAMA / video
28 july : Koyan san staying at Hensonji temple & meeting with Meguru sensei
29 july retour Kyoto via Osaka city
DIAPORAMA
30 july back to Kansai Airport
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